La CFDT mobilisée à Tunis

Publié le 01/04/2015

De nombreux délégués CFDT ont participé aux débats et ateliers du Forum social mondial, qui se tenait à Tunis du 24 au 28 mars. Le dimanche 29 mars, la délégation a naturellement rallié la grande marche solidaire organisée dans les rues de la capitale tunisienne contre le terrorisme. 

FSMEntreeTunis2015WEBUne délégation CFDT composée de militants venus des Fédérations, des Unions régionales et de la Confédération s’est rendue au Forum social mondial (FSM) de Tunis fin mars. Jean-Louis Malys, secrétaire national, rappelle pourquoi la présence de la CFDT est importante : « Notre participation au FSM répond à deux objectifs principaux : c’est d’abord la suite de nos engagements dans les précédents Forum sociaux mondiaux depuis 2001, de Porto Alegre à Tunis en passant par Bombay et Belém. Et je constate que ce mouvement est beaucoup plus faible aujourd’hui qu’à ses débuts il est donc important de rester mobilisés. Ensuite, notre présence à Tunis est liée à nos relations avec l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), un des principaux acteurs de la révolution tunisienne, que nous avons soutenue et continuons de soutenir dans le cadre du renforcement de la jeune démocratie tunisienne. »

Banderole FSMTunis2015WEBC’est avec cette volonté que la délégation CFDT s’est jointe aux dizaines de milliers de Tunisiens réunis dimanche lors de la grande marche contre le terrorisme, organisée dans les rues de la capitale tunisienne. Elle a défilé aux côtés des militants de l’UGTT et notamment de son secrétaire général, Houcine Abassi derrière la banderole « Notre lutte est pacifique, populaire et large contre le terrorisme ». « L’émotion était la même que celle que nous avons connue le 11 janvier dans la manifestation qui a suivi les attentats de Paris, relate Jean-Louis Malys (photo ci-dessous au premier rang à droite). Il y avait dans le cortège de manifestants toutes les composantes de la société tunisienne attachée à la démocratie et défendant fièrement ses valeurs. »

JL Malys DelegationCFDT AtelierWEBLes jours précédant la marche, la CFDT avait participé à de nombreux ateliers du FSM portant sur des thématiques aussi différentes que le développement de l’économie sociale et solidaire, le phénomène des changements climatiques,  les droits syndicaux dans l’industrie textile, les discriminations, la lutte pour l’accès aux soins, le TTIP (partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), la lutte contre la pauvreté, l’emploi des jeunes et les migrations internationales. « Nous avons pris part à ces débats avec les organisations syndicales présentes et avec les ONG avec lesquelles nous travaillons habituellement », affirme le secrétaire national.

Le prochain FSM aura lieu en août 2016 à Montréal au Canada. 

dblain@cfdt.fr

 ©Photos D.R.

       
   

Davantage de coopération syndicale dans le secteur du textile

Des représentants de la CFDT et du collectif Éthique sur l’étiquette sont intervenus lors de l’atelier-débat intitulé « Respect des droits humains et syndicaux dans les zones franches du textile ». Ils rendaient compte d’une enquête réalisée dans la région de Monastir où 6 717 salariés travaillent dans les 238 entreprises du secteur textile. Quelque 260 salariés, principalement des femmes, issus de 28 entreprises ont témoigné de leurs conditions de travail. Ils dénoncent d’abord les contrats de travail en CDD, qui peuvent atteindre des durées de quatre ans. Et les embauches en CDI sont très rares. Les patrons ne reprennent pas les travailleurs, ou seulement après plusieurs mois d’interruption, et en CDD. Les salariés du textile font état d’un grand nombre d’heures qui ne sont pas déclarées, payées au noir ou simplement « oubliées ».

De leur côté, les syndicalistes français ont parlé de la loi sur le devoir de vigilance des sociétés françaises vis-à-vis de leurs sous-traitants. Projet de loi en cours d’examen au Parlement et qui pourrait entrer en application rapidement. Les Fédérations syndicales européennes et internationales du textile ont rappelé l’existence de l’accord d’IndustriAll portant sur la responsabilité des entreprises en matière de sécurité au travail. Enfin, les syndicalistes ont convenu de la nécessité d’une plus grande coopération entre eux pour faire circuler les informations sur les accords existants et appliqués dans les entreprises présentes à la fois en France et en Tunisie.