Euro 2016 : Ethique sur l’étiquette lance la campagne « Anti-jeu »

Publié le 13/06/2016

Un rapport du collectif Ethique sur l’étiquette dénonce l’attitude « résolument tournée vers la seule performance financière » des principales marques engagées dans le sponsoring de l’Euro 2016 de football. Le collectif, dont la CFDT est membre, attend de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales qu’elle prenne en compte la dimension sociale de la mondialisation. 

Alors que l’Euro 2016 rentre dans sa phase opérationnelle, le collectif Ethique sur l’étiquette lance une campagne intitulée « Anti jeu » et sort un rapport  sur les modèles économiques de Nike, Adidas et Puma, principaux sponsors de la compétition européenne de football. Ce rapport affirme les chaînes d’approvisionnement  de ces trois marques sont « résolument tournées vers la seule performance financière. » Ainsi un maillot de l’équipe d’Allemagne vendu 85 € rapporte un bénéfice de 24,3 € à Adidas et 0,6 € aux ouvriers qui l’ont fabriqué. Toujours selon ce rapport, l’augmentation de l’investissement dans le sponsoring aurait permis à plus de 165 000 travailleurs vietnamiens et 110 000 indonésiens de percevoir un salaire vital. Nike a doublé ses dividendes depuis 2010 et doublé ses ventes en 10 ans.

Pour Ethique sur l’étiquette,  le surinvestissement dans le sponsoring conduit ces entreprises à poursuivre le phénomène de délocalisations enclenché depuis des années maintenant. Ainsi la Chine, ex-usine du monde dont les salaires atteignent aujourd’hui des niveaux plus décents, voit-elle les investisseurs se détourner et s’intéresser à des pays offrant une main d’œuvre à meilleur marché. Le collectif affirme que « 20 ans après le premier scandale survenu dans l’industrie du textile (Nike et le travail des enfants pakistanais en 1996), laisser aux seules multinationales la tâche de réguler leur activité n’a pas évité d’autres scandales(…). ». Il estime que « Seule une législation contraignante comme la loi sur le devoir de vigilance des multinationales, dont nous attendons toujours l’adoption en France dans les meilleurs délais, pourra traduire la volonté des Etats de responsabiliser les acteurs les plus puissants de la mondialisation. »

dblain@cfdt.fr

On peut retrouver l’ensemble du rapport d’Ethique sur l’étiquette en cliquant sur http://www.ethique-sur-etiquette.org/IMG/pdf/ese_rapport_euro2016_hd.pdf