Espagne : les 8 salariés d’Airbus acquittés

Publié le 17/02/2016

Depuis 2010, ces salariés étaient accusés « d’avoir agi avec violence » et « d’avoir attenté au droit du travail ». Le tribunal a reconnu leur innocence et par là même le droit de grève qui est attaqué dans plusieurs pays d'Europe.  

« C’est un grand jour pour la démocratie », s’est écrié José Alcazar, le président du comité d’entreprise d’Airbus Espagne à l’annonce du verdict du procès à l’encontre de huit des salariés de l’entreprise. En effet, le tribunal pénal de Getafe (banlieue sud Madrid) a acquitté le 17 février ces huit employés d’Airbus accusés « d’avoir agi avec violence » et « d’avoir attenté au droit du travail » en participant à un piquet de grève.

L’affaire remonte à septembre 2010. Une grève générale contre les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement Zapatero est déclenchée chez Airbus dans un climat de tension extrême. Les policiers anti-émeutes postés devant le portail de l’entreprise avaient tiré de coups de semonce en l’air créant un mouvement de panique. Des grévistes avaient alors trouvé refuge à l’intérieur de l’usine et plusieurs personnes furent blessées. Le lendemain, les huit salariés avaient été accusés d’avoir attaqué la police anti-émeutes et inculpés en vertu d’une loi franquiste toujours en vigueur qui interdit les piquets de grève et prévpyant une peine allant jusqu’à huit ans et trois mois de prison !

Le soutien du mouvement syndical européen et international

Les deux organisations syndicales espagnoles, les CCOO et l’UGT, ont immédiatement soutenu les salariés accusés à tort estimant que c’était une remise en cause inacceptable du droit de grève. Le mouvement syndical européen et international a également pesé de tout son poids auprès des autorités pour défendre le droit de grève. Laurent Berger, au nom de la CFDT, a adressé une vidéo de soutien aux huit salariés concernés.

« Ce verdict est une grande victoire pour les huit accusés, pour le pays et pour toute l’Europe », a déclaré José Alcazar. C’est aussi un véritable soulagement pour les 300 autres salariés grévistes qui encourent des peines similaires en vertu de cette même loi et qui seront bientôt jugés.  

dblain@cfdt.fr