[Congrès de la CES] Les syndicats européens valident leur feuille de route, portée par une nouvelle équipe

Publié le 24/05/2019

À l’issue de quatre jours de débats, les congressistes réunis à Vienne pour le 14congrès de la Confédération européenne des syndicats ont très largement approuvé le programme d’action qui fixe les priorités 2019-2023.

 « Nous sommes là, représentants d’organisations syndicales de nombreux pays européens, façonnées par des histoires diverses, héritiers et acteurs de cultures sociales différentes. Mais nous tous sommes là pour dessiner, ensemble, un projet commun pour une Europe plus juste. » Dans son tout premier discours en tant que président de la Confédération européenne des syndicats, Laurent Berger, élu jeudi soir avec 95,9% des voix, a réaffirmé son souhait de porter la voix des 45 millions de travailleurs européens en tenant compte des mutations à l’œuvre dans le monde du travail comme dans le domaine écologique. Il pourra pour cela s’appuyer sur une solide équipe composée de quatre vice-présidents mais également sur le secrétaire général Luca Visentini, réélu avec 76,6% des voix.

 
Alors qu’un peu partout en Europe, les partis populistes et europhobes se multiplient, « surfant sur les injustices sociales et les inégalités sans proposer d’autre choix que l’impasse des égoïsmes nationaux et du repli sur soi », Laurent Berger appelle le syndicalisme à « imposer une autre direction […] et apporter des réponses concrètes aux attentes des travailleurs et des citoyens ».

Six grands thèmes et un Manifeste pour l'Europe sociale

Ces attentes portent sur la démocratie, la gouvernance économique et sociale, la hausse des salaires et la négociation collective, la politique industrielle, les contours d’un nouveau contrat social européen ou encore les mobilités. Au total, ce sont six thèmes portés par le programme d’action 2019-2023, et rappelés dans le "Manifeste de Vienne", adopté à l’unanimité par les organisations syndicales européennes.

Durant quatre jours, les congressistes auront débattu des attentes des travailleurs, et des moyens d’y répondre. Sur les salaires, le document adopté demande à la CES d’agir auprès des institutions européennes pour qu’elles avancent sur la question du salaire minimum européen. Le texte fixe d’ailleurs un objectif chiffré pour ce salaire minimum de 60% du salaire médian national. Sur l’emploi, le document appelle à « l’élaboration d’un cadre règlementaire européen qui réduise la précarité, élargisse les droits des travailleurs et la protection des nouvelles formes de travail ».

Sur la gouvernance, le document plaide pour une meilleure prise en compte de la dimension sociale, et préconise « une union monétaire et un budget européen pour promouvoir la justice sociale, l’investissement en faveur de l’emploi, la croissance durable et une fiscalité plus juste et plus progressive ». Sur le modèle social européen enfin, le document appelle à faire du socle européen des droits sociaux (adopté à Göteborg en novembre 2017) le point de départ du nouveau contrat social qu’entend bâtir la CES pour l’Europe.

« Nous devons construire une Europe qui rassure. Une Europe plus sociale, plus écologique et plus démocratique. Ces ambitions ne deviendront réalités que si nous nous en donnons les moyens. Aujourd’hui, le syndicalisme est à la croisée des chemins. Ce qui se joue dans les années à venir, c’est sa capacité à peser sur l’avenir de l’Europe et sur le devenir des travailleurs », plaide Laurent Berger. La feuille de route, elle, est d’ores et déjà tracée.

aballe@cfdt.fr