Groupe Vivarte : la CFDT craint le pire pour l’emploi

Publié le 17/07/2014

En pleine restructuration, le groupe de prêt-à-porter qui emploie 22 000 salariés néglige totalement le dialogue social et ferme ses magasins. La CFDT exige des négociations mais se heurte à une direction qui refuse même de donner les informations légales aux représentants des salariés. 

Alors que la direction du groupe Vivarte (La Halle, Kookaï, Naf Naf, André, etc.) tente de restructurer sa dette de 2,8 milliards d’euros, les responsables de la CFDT-Services redoutent le pire pour l’avenir de l’emploi de milliers de salariés. À travers ses multiples enseignes et ses 4 800 points de vente, Vivarte emploie 22 000 salariés dont 19 000 en France. Quatre-vingts magasins ont fermé leurs portes récemment et une trentaine d’autres fermetures sont prévues à la rentrée. Marc Lelandais, le PDG du groupe, a annoncé la fin des magasins non contributifs à l’enrichissement du groupe qui réalise pourtant des profits.

Kookaï, Accessoire diffusion et Défi mode sont dans l’œil du cyclone. La Halle (aux chaussures et aux vêtements), le fleuron du groupe, est également mal en point. Une concurrence nouvelle est apparue ces derniers temps sur le créneau de la mode à petits prix, qui a pourtant fait les belles heures de cette filiale. Malgré une réorientation de ses magasins vers le haut de gamme, l’enseigne connaît toujours d’importantes difficultés.

Les incohérences de la CGT

Pour boucler la restructuration de sa dette, la direction doit transmettre aux représentants du personnel du comité de groupe des informations sur ses intentions dans le cadre de l’information-consultation. Le 15 juillet, elle a annulé la réunion du comité de groupe pour convoquer tous les comités d’entreprise (CE) et comités centraux d’entreprise (CCE). « Le but est d’obtenir rapidement de ces CE et CCE un avis favorable sur la restructuration », explique Jean-Louis Alfred, le représentant CFDT au comité de groupe. « La coordination CFDT est solide, ajoute-t-il, partout elle donne un avis négatif en l’absence d’informations sur le business plan des filiales. En revanche, la CGT agite le chiffon rouge d’un côté mais d’un autre côté il lui arrive de donner un avis favorable dans certaines filiales. »

La CFDT dénonce « ce tour de passe-passe » de la direction et « le manque d’information en particulier sur le volet social » de la restructuration. Elle se résout même à saisir le tribunal de commerce de Paris pour obtenir les informations.

Des salariés harcelés, des entraves au travail des délégués syndicaux

Depuis le début de l’année, la CFDT, qui est 2e organisation syndicale avec 29 % des voix, tire la sonnette d’alarme et appelle la direction à prendre ses responsabilités en s’engageant « dans un grand chantier social dont les négociations devront permettre de maintenir l’emploi de tous les salariés. »

Mais la direction est restée sourde à ces demandes. Au contraire, elle met la pression sur sa hiérarchie intermédiaire pour réduire les coûts. Des salariés sont harcelés, des représentants syndicaux font l’objet d’entraves, des propositions de reclassement inacceptables sont présentées, etc. On est très loin du dialogue social.

Le 11 juillet dernier, la CFDT du groupe se disant « prête à jouer le jeu du dialogue », appelait la direction à négocier sans délai sur « les orientations stratégiques et ses conséquences pour l’emploi via un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ; les engagements réciproques sur l’emploi ou à défaut sur un engagement de méthode et les moyens permettant de traiter une restructuration ; les actions en faveur de l’accompagnement des salariés ; enfin sur les relations entre la direction des institutions représentatives du personnel. »

dblain@cfdt.fr