Prime Covid, où en est-on ?

Publié le 04/09/2020

C’est un feuilleton qui s’écrit au fil des mois, relatif au versement de la prime Covid. Annoncée fin mars par le chef de l’État pour les soignants, elle s’était traduite un peu plus tard par une attribution à géométrie variable (allant de 500 à 1 500 €), provoquant colère et incompréhension chez les agents.

« Si celle-ci a été versée dans la plupart des établissements publics, elle n’a rien d’universel et d’équitable », note la CFDT-Santé-Sociaux. La fédération a d’ailleurs décidé fin juin de saisir le conseil d’État pour réclamer « une reconnaissance qui ne fasse pas de distinction entre contractuels et titulaires, personnel des centres hospitaliers, Ehpad et structures médico-sociales ou entre zones géographiques ». Un temps « oubliés de la prime Covid », les salariés des services de l’aide à domicile toucheront à leur tour une prime de 1 000 € au maximum avant Noël… au prorata du temps travaillé. La précision est importante car nombre d’entre eux travaillent à temps partiel.

Délai supplémentaire accordé

Dans le privé, les employeurs auront jusqu’à la fin décembre pour verser aux salariés exposés pendant l’épidémie une prime exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 2 000 € si l’entreprise a mis en place un accord d’intéressement. « Or, là encore, les situations sont très inégales », résume Sandrine Lambert, chargée de la politique de rémunération à la Confédération. Chez Fleury Michon, la colère gronde après que des salariés précaires embauchés en plein confinement pour faire face à la demande ont été évincés de la prime Covid, versée aux seuls salariés ayant été sous contrat sans interruption du 2 janvier au 1er juillet. À l’inverse, notons qu’Amazon (sous le feu des critiques pour avoir tardé à mettre en place les mesures de protection nécessaires) vient d’annoncer le versement d’une prime à ses 14 000 salariés allant de 500 € pour les manutentionnaires à 1 000 € pour les cadres.

Et puis il y a tous ces secteurs, mobilisés pendant la durée du confinement (propreté, transport…) qui déplorent un manque de reconnaissance de leur exposition. « Pour faire tourner les plateformes logistiques et approvisionner les magasins, on a mis nos collègues en danger », explique de son côté l’Union fédérale Route CFDT, qui comptabilisait au début mai 5 500 cas de Covid déclarés dont 35 décès. « Dans le transport, on a longtemps demandé la mise en place d’un accord de branche. Finalement, on se retrouve avec des primes accordées selon le bon vouloir de chaque entreprise. »

aballe@cfdt.fr