Fonction publique : Un rendez-vous salarial décevant

Publié le 09/07/2019

Pour les 5,2 millions d’agents, les années se suivent et se ressemblent trop. C’est en tout cas le sentiment partagé des organisations syndicales représentatives de la fonction publique à la sortie du rendez-vous salarial du 2 juillet.

« Malheureusement, les annonces du gouvernement sont loin d’être à la hauteur des attentes des agents, s’agace Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Des annonces une nouvelle fois limitées, loin de ce que l’on est en droit d’attendre d’un rendez-vous salarial. »

Donner à chacun le pouvoir de vivre

Alors que leur pouvoir d’achat est en berne depuis plusieurs années (gel de la valeur du point, compensation de la CSG sans gain de pouvoir d’achat, rétablissement du jour de carence, augmentation des cotisations retraite, absence de prime exceptionnelle), la confirmation d’une nouvelle année de vaches maigres en 2020 est un signal très négatif adressé par le gouvernement. « Non seulement le risque de désengagement professionnel est élevé, et nous commençons à l’observer, mais, au-delà, il y a le risque de désengagement démocratique, peut-être encore plus grave et aux conséquences profondes ! »

Selon la CFDT-Fonctions publiques, le gouvernement doit au contraire donner à chacun le pouvoir de vivre. C’est d’ailleurs tout le sens des revendications qu’elle porte depuis des mois auprès des pouvoirs publics. Certaines ont été entendues. Il en va ainsi de « la poursuite de la mise en œuvre de PPCR [parcours professionnels, carrières et rémunérations] ou de la mesure de rattrapage indemnitaire pour les agents de la filière sociale, très féminisée » (anticipant ainsi la mise en œuvre de l’accord de 2018 sur l’égalité entre les femmes et les hommes en matière salariale). La réévaluation de l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG, « même si on est loin de la pérennisation attendue » ou la tenue d’une concertation, dès la rentrée, sur les modalités de mise en place d’une indemnité annuelle de 200 euros (vélo, covoiturage, mobilités partagées) sont aussi des annonces positives.

En revanche, la CFDT ne décolère pas du sort réservé aux agents de l’hôpital public, qui alertent sur leur malaise et réclament depuis plusieurs semaines des moyens supplémentaires. Ils n’ont toujours pas bénéficié des mesures annoncées lors du rendez-vous salarial 2018. « Dans le contexte actuel, cette exclusion confine à la provocation ! »

glefevre@cfdt.fr