Finances publiques : des suppressions de postes qui ne passent pas

Publié le 24/09/2019

Les annonces de la disparition du réseau de proximité de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) et de 4 900 suppressions d’emplois pour la période 2020-2022 ont été un choc brutal. 

Les agents ont exprimé le 16 septembre leur opposition en se mettant en grève à 36 % à l’échelle nationale (27 % en mars). La mobilisation à l’appel des organisations syndicales est élevée : 29 directions sont à plus de 50 % de grévistes avec une pointe à 71,8 % dans le Finistère. Soit le troisième conflit majeur dans les ministères économiques et financiers.

« Les Français veulent de la proximité. En réponse, la DGFiP prévoit la fermeture de la majorité des trésoreries », s’étrangle Denis Grégoire, le secrétaire général de la Fédération CFDT des Finances. Demain, les trésoreries pourraient être regroupées dans quelques structures départementales éloignées des contribuables et des élus locaux. Des points de contact seraient assurés épisodiquement. Un conseiller itinérant serait l’interlocuteur des élus à la place du trésorier actuel. Mais, dans les faits, « la DGFiP peine à convaincre les élus locaux qu’ils auront un meilleur service public en supprimant les trésoreries et des emplois, analyse la fédération. D’ailleurs, beaucoup de communes votent des délibérations pour préserver le maillage du réseau de la DGFiP : 6 000 collectivités locales auraient déjà signé une pétition en ligne ».

Bouclier territorial

Le projet de l’administration est à l’opposé de celui porté par la CFDT dans le cadre du bouclier territorial de services publics. « À aucun moment les besoins des populations n’ont été pris en compte. La DGFiP oppose les MSAP [maisons de services au public] au réseau des trésoreries au lieu de s’appuyer sur le deuxième réseau de proximité de l’État après celui de l’Éducation nationale. Les gains éventuels liés à la modernisation et la dématérialisation doivent être massivement réinvestis dans l’accueil de proximité et ne pas servir de justification à des suppressions d’emplois », précise Denis Grégoire. Dans ces conditions, la mobilisation ne peut que se poursuivre.

nballot@cfdt.fr