Crise de l’hôpital : Le plan d’urgence ne convainc pas soignants et syndicats

Publié le 27/11/2019

Quelques jours après la nouvelle journée de mobilisation des personnels hospitaliers, l’exécutif présentait le 20 novembre les mesures du « plan d’urgence pour l’hôpital »... qui peine à convaincre.

Renforcer l’attractivité des métiers et fidéliser les soignants, lever les blocages de l’hôpital public et réinvestir dans l’hôpital en lui donnant des moyens nouveaux (1,5 milliard d’euros sur trois ans : 300 millions d’euros [M€] en 2020, 500 M€ en 2021 et 700 M€ en 2022) font partie des engagements pris. Seront-ils suffisants pour calmer la grogne ? Rien n’est moins sûr. « La reprise progressive du tiers de la dette des hôpitaux tout comme l’aide à l’investissement courant sont de nature à recréer quelques marges dans les établissements. Par ailleurs, l’augmentation de 0,3 % de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) hospitalier montre que le gouvernement a accepté, même très modestement, de revoir sa position », admet Ève Rescanières, secrétaire générale de la CFDT-Santé-Sociaux. Les avancées restent cependant « partielles et ne concernent qu’une faible proportion d’hospitaliers ». Il en va ainsi de la prime annuelle de 800 euros nets qui devrait être attribuée de manière pérenne à 40 000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris ou dans sa proche banlieue et gagnant moins de 1 900 euros par mois. Mises bout à bout, les mesures sont jugées « modestes et bien en deçà du choc budgétaire attendu pour rattraper le retard pris ! », a réagi la CFDT-Santé-Sociaux.

Mobilisation le 17 décembre

La fédération CFDT attend du gouvernement qu’elle apporte une réponse à la hauteur des besoins, attentes et exigences en matière de service public. Si elle continue à réaffirmer, avec d’autres, « sa volonté et sa détermination à avancer […] dans le but de défendre les conditions de travail des personnels de santé et d’assurer la qualité et la sécurité des soins des patients », la fédération demande surtout la tenue d’une conférence sociale relative à l’attractivité et aux rémunérations, qui devra déboucher sur des engagements forts portant sur les salaires, l’organisation et les conditions de travail. D’ici là, elle n’entend pas relâcher la pression. Mobilisée depuis le début du mouvement, il y a neuf mois, elle appelle déjà à une nouvelle journée d’action le 17 décembre. « Pour une fonction publique hospitalière respectueuse de ses agents et de ses usagers ! »

glefevre@cfdt.fr