[Entretien] “Nous portons un syndicalisme exigeant”

Publié le 03/12/2018

Mylène Jacquot est secrétaire générale de la CFDT-fonctions publiques. Elle nous explique les enjeux de ce scrutin.

Qu’est-ce qui se joue le 6  décembre ?

Ce qui se joue, c’est le type de syndicalisme qui sera majoritaire demain dans les fonctions publiques. La CFDT porte un syndicalisme exigeant, pas un syndicalisme de posture, arc-bouté sur des positions très défensives. Ce n’est plus ce qu’attendent les agents.

Les échecs des mobilisations les plus récentes nous confortent dans le choix d’un syndicalisme qui soit en prise directe avec le quotidien des gens, avec leur travail et leur situation. Dans la fonction publique, il existe une diversité de situations. Près de 20 % des agents ne sont pas fonctionnaires. Certains collègues multiplient les contrats et d’autres, à temps partiel, ont des quotités de travail très faibles. Des fonctionnaires sont dans des situations parfois compliquées à cause de la faiblesse de leur rémunération, du manque de reconnaissance, de la réduction des moyens et des effectifs sans que cela ne s’accompagne d’une réflexion sur les missions.

Concrètement, quelle forme doit prendre le syndicalisme pour répondre à ces situations ?

Il doit être dans la plus grande proximité possible. Proche géographiquement et aussi proche des préoccupations et de l’action. On ne pourra changer le quotidien des collègues qu’avec eux, en construisant des propositions, en portant des revendications, sans concessions, auprès des employeurs, mais également en constatant des désaccords.

Comment la CFDT compte répondre aux attentes des agents ?

Les préoccupations des agents sont multiples. Si l’on regarde ce qui se passe à l’hôpital, ce qui revient constamment, c’est le problème de l’organisation du travail dans des établissements à bout de souffle. Ailleurs, dans les grandes métropoles, par exemple, c’est le sens du travail qui est interrogé. Sur ces sujets, la force d’une organisation comme la CFDT, c’est aussi sa capacité d’entraînement. Nous sommes la première organisation syndicale dans le privé et l’organisation qui compte le plus grand nombre d’adhérents. Ce maillage territorial et professionnel permet de donner plus d’échos aux attentes des uns et des autres.

Quel sera le rôle des futurs représentants du personnel ?

Les candidats pour lesquels nous allons voter jusqu’au 6 décembre sont ceux qui représenteront les agents dans les instances consultatives. Ils ne se contenteront pas de siéger, ils donneront vie à cette proximité. Les comités techniques (CT) auront par exemple à discuter des questions d’organisation du travail mais également d’égalité professionnelle.

On voit bien, dès lors, les liens et la cohérence entre ce qui se négocie de façon transversale pour tous les agents des trois fonctions publiques et ce qui devra obligatoirement se discuter au plus près du terrain.

 Propos recueillis par dprimault@cfdt.fr