En Côte-d’Or, une PME familiale où le courant du dialogue passe bien

Publié le 06/05/2014

Avec 57 % des voix aux dernières élections, la CFDT est majoritaire chez CEAT. Le succès de leur réussite : une section soudée et une approche constructive du dialogue social au sein de cette PME spécialisée dans la réparation des téléphones portables.

Oui, CEAT Électronique va bien ! Par les temps qui courent, la précision est utile. Spécialisée dans la réparation des téléphones portables et des tablettes numériques, cette PME de 360 salariés ne connaît pas la crise. Elle embauche même régulièrement de nouveaux salariés. Créée en 1977 dans la région dijonnaise par un ingénieur visionnaire, l’entreprise a su s’adapter aux différentes révolutions technologiques. Les salariés ont commencé par installer des réseaux de radios qui équipaient des flottes de taxis ou des bus urbains ; ils ont ensuite réparé des téléviseurs et installé des autoradios avant de prendre le virage de la téléphonie mobile, dans les années 2000.

Quatorze ans plus tard, c’est dans des locaux flambant neufs que l’entreprise poursuit son développement. « Nous réparons 3 000 téléphones par jour, essentiellement des smartphones de marque Samsung », résume le délégué syndical CFDT Jean-Claude Léger, qui se félicite de n’avoir jamais vécu de plan social depuis la création de la section, en 2006. À l’époque, la CFDT n’était que la troisième organisation syndicale derrière la CGT et FO. Quatre salariés ne se sentant pas représentés par les autres syndicats avaient décidé de se présenter sous l’étiquette CFDT aux élections professionnelles. Sept ans plus tard, la section compte 40 adhérents, et la CFDT a obtenu 57 % des voix aux élections professionnelles, dont 100 % pour le collège cadres.

Le CE, vitrine de l’action CFDT au quotidien

« L’une des clés de notre réussite est d’avoir mis en avant notre travail au comité d’entreprise. C’est vraiment la vitrine au quotidien de notre action en faveur des salariés. Nous veillons à proposer des activités pour tout le monde et d’avoir un fonctionnement le plus transparent possible », explique Jean-Claude Léger. Parmi d’autres exemples, il cite l’équipe de foot de l’entreprise ou la dernière sortie paintball proposée sur un panneau d’affichage situé à l’entrée des vestiaires. De manière étonnante, la section ne dispose pas de bureau spécifique et ne tient pas de permanence à jour fixe. La communication se fait de manière plus informelle. Les salariés savent qu’ils peuvent interpeller un élu CFDT à tout moment de la journée. « Lorsque nous organisons de vraies réunions de section, nous préférons donner rendez-vous aux salariés à l’extérieur de l’entreprise afin qu’ils se sentent plus à l’aise pour s’exprimer, souligne Jean-Claude. En général, cela se passe dans les locaux de l’union départementale, le samedi matin. »

Un véritable respect du dialogue social

Militer dans une PME peut se révéler plus délicat que dans un grand groupe. Chez CEAT Électronique, le fondateur est toujours le patron de l’entreprise, et son fils détient le titre de numéro 2. Difficile, donc, d’éviter une certaine forme de paternalisme, même si la CFDT est la première à reconnaître qu’il existe un véritable respect du dialogue social. Plusieurs cadres sont d’ailleurs syndiqués, et ceux qui sont élus n’ont pas le sentiment aujourd’hui que cela puisse nuire à leur carrière dans l’entreprise. « J’ai toujours été clair avec la section, témoigne l’un d’eux. J’ai décidé de militer car j’avais envie de prendre part à la vie de l’entreprise. Mais si cela devait nuire à mon travail, j’arrêterais. »

CEAT Équipe

Ce climat économique et social favorable ne signifie pas pour autant qu’il n’y a jamais de conflits. Les négociations salariales, notamment, sont toujours un peu tendues. Les deux dernières grèves – en 2006 et 2011 – ont été déclenchées en vue d’obtenir des augmentations. La première a permis l’instauration d’un treizième mois, la seconde s’est conclue par une augmentation générale de 5 %. « D’un côté, la direction a du mal à lâcher des augmentations ; de l’autre, elle est très vite prise à la gorge en cas de grève, car elle ne peut pas compter sur le soutien financier d’un groupe derrière elle, analyse Jean-Claude Léger. C’est une situation délicate, mais nous avons toujours été clairs avec les salariés : nous sommes bien entendu favorables aux augmentations, mais tout autant attentifs à ne pas compromettre l’avenir de l’entreprise. »

Une section consciente de sa responsabilité

Les salariés savent que personne n’est à l’abri. Ils se souviennent ainsi qu’en 2009, CEAT est monté jusqu’à 700 salariés en comptant les intérimaires. Il n’y a pas eu de plan social, mais l’équipe de nuit a dû être arrêtée et l’intérim, stoppé. « Toute l’activité de l’entreprise a été réorganisée pour améliorer la productivité et ainsi éponger les pertes qui s’accumulaient, conclut Jean-Claude. C’est dans ces moments-là que l’on perçoit clairement la fragilité des entreprises indépendantes et la responsabilité des organisations syndicales. »

jcitron@cfdt.fr

   
 

Une politique de développement active

La section s’est assuré une présence dans l’ensemble des services de l’entreprise avec un nombre d’adhérents multiplié par dix en sept ans – de 4 à 40 adhérents entre 2006 et 2013. Contrairement aux autres organisations syndicales, la CFDT a bien réussi à syndiquer les cadres de l’entreprise, d’où un résultat de 100 % pour le deuxième collège.

Un comité d’entreprise dynamique

La section a choisi de faire du CE la vitrine de son action auprès des salariés. Un site internet, ouvert à tous permet de diffuser l’information en toute transparence et montre le dynamisme des élus. Le CE subventionne l’association sportive de CEAT, qui a pour objectif de promouvoir le développement d’activités sportives au sein de l’entreprise, notamment à travers une équipe de foot.

Un dialogue social pragmatique

La section privilégie la voie du dialogue social avec la direction, même si elle est prête à entrer en conflit si elle ne peut faire autrement. Consciente de la fragilité des entreprises familiales de taille intermédiaire, elle veille cependant à ne pas pénaliser l’activité à moyen et long termes.