En Bretagne, les plus de la CFDT pour les ex-Doux

Publié le 08/03/2013
Dans le Morbihan, la CFDT organise des réunions d’accompagnement pour les salariés licenciés de Doux. Des inquiétudes subsistent quant à l’avenir sur ce territoire.

Catherine Alix fait partie des 1 200 ex-salariés de Doux licenciés en octobre 2012. Cette ancienne administrative, qui travaillait à la télévente sur le site de La Vraie-Croix (56), se bat aujourd’hui pour refaire son CV, trouver une formation puis un emploi. À 57 ans, elle sait bien que « ça va être compliqué ; peu d’entreprises ont besoin de télévendeurs dans la région ». Heureusement, elle trouve du réconfort lors des réunions organisées par la CFDT à destination de ses adhérents licenciés. « On se sent moins seule et on y apprend beaucoup de choses ! »

Ces réunions, quasi mensuelles, rassemblent chaque fois plusieurs dizaines d’ex-Doux. L’initiative en revient à Jean-Marc Thépaut, le secrétaire général de l’Union départementale du Morbihan. « Je me suis demandé comment notre syndicalisme pouvait rendre service à nos adhérents après un licenciement », explique-t-il. Bien entendu, les ex-salariés de Doux sont pris en charge dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi avec des contrats de sécurisation de l’emploi et une commission technique territoriale de suivi. Mais la CFDT apporte un plus, un accompagnement supplémentaire. « Pour commencer, ils ont un deuil à faire. C’est presque de soutien psychologique qu’ils ont besoin », affirme le syndicaliste. Ces adhérents qui travaillent depuis parfois des dizaines d’années se retrouvent esseulés dans un environnement totalement inconnu, celui de la recherche d’emploi, avec des nouvelles relations, Pôle emploi ou l’agence d’accompagnement.

« Même les élus du personnel, les délégués syndicaux ne sont pas familiers avec ces instances, estime Jean-Marc Thépaut. Il y a beaucoup de pièges à éviter. » Outre qu’ils ont l’avantage d’aider à tisser des liens entre les ex-salariés, les conseils prodigués lors de cette réunion permettent de lever des blocages, raccourcir les délais de traitement des dossiers ou encore revoir certaines conditions du licenciement (le calcul de l’ancienneté n’est pas toujours fait dans les règles…). Un responsable du Conseil général a même été invité à parler de l’accès à la formation.

L’importance de la formation

« L’absence de formation, c’est l’une des grosses responsabilités de l’employeur », affirme Christiane Legouesbe, ancienne DSC de Doux, aujourd’hui à la retraite. Elle a travaillé quarante ans à la découpe sur le site de Pleucadeuc (56). « À part avoir appris à se laver les mains, mettre un calot ou recevoir quelques conseils de gestes et postures, les ouvriers n’ont jamais eu aucune formation, regrette-t-elle. Il y aurait sans doute moins de gens en grande détresse aujourd’hui s’ils avaient été formés. » De fait, sur les 260 salariés licenciés du site de Pleucadeuc, seuls cinq ont retrouvé un emploi.

Et l’avenir n’est pas rose pour les 140 salariés qui y travaillent encore. Le 5 mars, la direction a annoncé la mise en vente du site lors d’un comité d’entreprise… alors que Charles Doux avait annoncé le 14 février le retour de la rentabilité ! Les chances de reprise sont minces. « Le plan de continuation de l’ensemble du groupe n’est pas bouclé, note Jean-Luc Guillard, le DSC de Doux. Il reste beaucoup d’incertitude sur les restitutions [les subventions européennes], la banque Barclays, qui soutient l’activité et qui va mal, et les négociations avec les aviculteurs. C’est de nouveau tout le groupe et ses 2 300 salariés qui doutent. » Les réunions de la CFDT pour les ex-Doux risquent donc de perdurer. Elles ont pourtant été pensées dans l’esprit des Restos du cœur, c’est-à-dire à durée limitée. Souhaitons qu’elles ne connaissent pas le même si long succès !

dblain@cfdt.fr

Photo : Frédéric Fournier