PSA : une stratégie hésitante et contestable

Publié le 13/07/2012 à 00H00 (mis à jour le 25/07/2012 à 16H48)
Devant l'ampleur du plan social annoncé par le groupe PSA, la CFDT Métallurgie dénonce la stratégie industrielle hésitante du constructeur et ses pratiques financières contestables, mais salue la diversité et la cohérence des mesures proposées par le gouvernement en faveur de la filière automobile le 25 juillet 2012.

Dès le lendemain de la crise de 2008, PSA a en effet renoué avec des pratiques dénoncées de longue date, notamment une forte distribution de dividendes (50 % du résultat entre 2002 et 2010 contre 20 % chez Volkswagen sur la même période), le rachat d'actions pour les détruire, et des salaires mirobolants pour ses dirigeants (plus de 3 millions d'euros de rémunération pour son PDG en 2010). « La prudence recommandait de prévoir une réserve financière, insiste la fédération CFDT de la métallurgie. A ne pas réellement trancher, PSA se retrouve dans la nasse, contraint de réduire sa voilure. L'alliance avec GM (General Motors) offre certes des perspectives d'économies à moyen terme, mais ne résout en rien la problématique en Europe, où PSA est très présent ».

L’argument simpliste du coût du travail est également dénoncé. « Dans l'activité d'assemblage de véhicules, les salaires représentent au mieux 6% du coût de production. Comment sur cette base peut-on justifier la fermeture d'Aulnay en invoquant le coût du travail ? ».

Plan auto : la CFDT prête au dialogue social

Le 25 juillet 2012, le gouvernement a annoncé les grandes lignes de son plan de soutien à la filière automobile. Les fédérations CFDT de la métallurgie et de la chimie saluent la diversité et la cohérence des mesures proposées et considèrent que ce plan va dans le bon sens, sous réserve :

  • d’examiner plus précisément les moyens concrets, notamment financiers, fiscaux et de mobilisation de la recherche-innovation, qui lui seront apportés ;
  • que ces orientations, lorsqu’elles nécessitent le développement de nouvelles activités (par exemple le déploiement de bornes électriques), soient mises en œuvre en favorisant leur localisation et l’emploi sur le territoire.

De plus, les deux fédérations demandent au gouvernement que « toutes les aides apportées par l’État fassent l’objet d’un suivi et d’une évaluation associant les pouvoirs publics et les partenaires sociaux de la filière automobile. » Et de conclure  quelles seront « très attentives à la prise en compte des salariés des sous-traitant », notamment en matière d’accès « à la formation, et la mobilité professionnelle » mais également concernant « la reconversion des salariés dont les emplois disparaissent, du recrutement de jeunes et de demandeurs d’emploi. »