La prime d’activité ouverte aux jeunes travailleurs

Publié le 11/03/2015

Le 3 mars, le Premier ministre a détaillé la feuille de route du plan de lutte 2015-2017 contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Principale nouveauté, une prime d’activité destinée aux travailleurs aux revenus modestes devrait, à compter du 1er janvier 2016, remplacer les actuels dispositifs d’aide (RSA activité et prime pour l’emploi), jugés complexes et peu efficaces.

Par son périmètre comme ses critères d’attribution, ce nouveau dispositif devrait permettre de « répondre à une double finalité : inciter à la reprise d’activité et augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres », estime Véronique Descacq, qui salue la mesure. Insérée dans le projet de loi « Travail » (qui inclura la modernisation du dialogue social), « la prime d’activité concrétise un des engagements du plan pauvreté, qui franchit aujourd’hui une nouvelle étape », poursuit-elle.

La grande avancée du dispositif réside dans l’inclusion des jeunes (18-25 ans), portant à plus de 4 millions le nombre d’actifs éligibles à la prime, dont 700 000 jeunes – même si certains paramètres ne seront définitivement arrêtés que lors du débat parlementaire. La CFDT y voit « la fin d’une inégalité, puisque les jeunes actifs ne peuvent pas aujourd’hui bénéficier du RSA activité, et la garantie d’un revenu complémentaire stabilisé et connu ».

Durée, montant et calcul de la prime d’activité…

De fait, le montant de la nouvelle prime d’activité sera fixé pour une durée de trois mois, quelle que soit la variation de la durée d’activité. La référence au trimestre travaillé doit permettre d’éviter les situations d’indus auxquelles pouvaient être confrontés les bénéficiaires du RSA activité. Plus avantageuse que le dispositif actuel au-delà d’un demi-Smic, la prime – dont l’objectif prioritaire est avant tout d’accompagner le retour à l’emploi – devrait surtout bénéficier aux salaires compris entre 0,8 et 1 Smic, selon les experts. Versée dès le premier euro de salaire, elle devrait être calculée sur la base des revenus individuels mais tenir compte de la composition du foyer, avec un mécanisme de compensation afin de protéger les familles monoparentales. Une mère isolée avec un enfant et gagnant le Smic aurait ainsi droit à 280 euros (contre 127 euros pour un célibataire).

aballe@cfdt.fr

photo © Jérôme Chatin / Réa