Insertion des jeunes : Accompagnement vers l’autonomie

Publié le 24/03/2017 (mis à jour le 04/04/2017)

Faciliter l’accès aux droits et sécuriser le parcours des jeunes entre la fin de leur scolarité et leur entrée dans la vie active, tel est l’objectif du rapport remis le 22 mars au gouvernement et décliné en 51 préconisations.

Les jeunes sortent du système éducatif à l’âge de 20 ans en moyenne et accèdent à un emploi stable à 27 ans. La période de prise d’autonomie s’allonge et pour beaucoup ces années riment avec précarité : un jeune sur cinq vit en-dessous du seuil de pauvreté. Le rapport intitulé « Arrêtons de les mettre dans des cases : pour un choc de simplification en faveur de la jeunesse » remis le 22 mars au gouvernement par Célia Verot, conseillère d’Etat, et Antoine Dulin, vice-président du Cese, conseil économique, social et environnemental, propose « de ne plus penser la jeunesse à travers les âges et les statuts mais l’envisager comme un parcours vers l’autonomie et l’insertion sociale, qu’il convient à la fois de fluidifier et de sécuriser ». Un discours dans lequel la CFDT, qui a apporté sa contribution aux travaux des rapporteurs, se reconnaît bien.

Premier constat, la complexité du système d’aides empêche les jeunes d’accéder à leurs droits. Plus de 238 critères d’âges sont actuellement en vigueur : allocation de rentrée scolaire versée à la famille jusqu’aux 18 ans du jeune, allocations familiales jusqu’à 20 ans, entrée en apprentissage ou en service civique jusqu’à 25 ans, aide au logement accessible à partir de 21 ans, (22 ans outre-mer), RSA à partir de 25 ans, « à des conditions très restrictives »… A cela s’ajoutent des aides différentes d’un territoire à l’autre. Le rapport souligne « l’enjeu de justice sociale » que représente la simplification de ce système pour des jeunes « qui vivent leurs premiers contacts avec l’administration » et préconise d’alléger les procédures et de raccourcir les délais. La création d’un « parcours citoyen » pendant la scolarité permettrait aux jeunes d’être mieux informés sur leurs droits et les démarches à entreprendre pour y accéder. Un site appelé « la boussole des droits », une sorte de guichet unique aujourd’hui développé de manière expérimentale, permettrait d’avoir une vision complète de tous les droits accessibles sur un même territoire. Le numérique doit faciliter les échanges de données entre administrations, allégeant ainsi les démarches pour les bénéficiaires. Mais il n’est pas question de céder au « tout numérique » dans les relations entre les jeunes et les administrations. Les auteurs du rapport soulignent l’existence d’une fracture numérique y compris pour la génération « née avec le digital » : dans une mission locale visitée par les auteurs, la moitié des jeunes n’avaient pas d’adresse mail. La dimension d’accompagnement personnel doit être privilégiée comme dans le cadre de la garantie jeunes.

Prenant acte des bons résultats de ce dispositif, les rapporteurs proposent de l’étendre à un public plus large que celui qui est actuellement ciblé, les Neet (ni en emploi, ni en études, ni en formation) de 16 à 25 ans en situation de précarité, et de supprimer la limitation de la durée de la garantie jeunes, aujourd’hui fixée à un an (reconductible 6 mois). Ils se disent par ailleurs favorables à un revenu minimum pour tous les jeunes à partir de 18 ans, dont la garantie jeunes pourrait être le socle. « Notre position se situe dans une ligne médiane entre le revenu universel et le RSA » précise Antoine Dulin. En outre un « capital formation » pourrait être attribué, sans conditions d’activité préalable, aux jeunes sortis tôt du système scolaire en raison d’une orientation subie. Ce droit prendrait la forme d’une dotation au compte personnel d’activité, utilisable dans le cadre de la  formation initiale ou continue, et permettrait « d’encourager les allers et retours entre l’emploi et la formation ».

Une attention particulière a été portée sur l’accès à l’autonomie des jeunes sortant de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) ou de l’Ase (aide sociale à l’enfance) et qui devraient pouvoir bénéficier d’une garantie jeunes avec un suivi éducatif et social renforcé.

mneltchaninoff@cfdt.fr