Formation professionnelle : “Nous devons construire le compte personnel de formation”

Publié le 24/10/2013
Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale chef de file de la délégation CFDT, revient sur la troisième séance de négociation sur la formation professionnelle s’est tenue le 23 octobre et qui a été marquée par un désaccord entre le Medef et la CGPME.

Une séance peu ordinaire s’est déroulée le 23 octobre, montrant une division dans le camp patronal. Que s’est-il passé ?

Nous avons été surpris de recevoir la veille de la négociation un texte émanant de la CGPME. L’organisation patronale représentant les PME y exprime son désaccord avec le Medef sur l’éventuelle suppression d’une partie de l’obligation légale. Nous sommes arrivés à la réunion de négociation, prêts à toute éventualité. Finalement, la séance a eu lieu dans de bonnes conditions. La CGPME n’a pas participé aux débats mais a souhaité rencontrer en bilatérale chacune des organisations syndicales pour expliquer ses postions.

Deux autres organisations syndicales avaient également produit un texte, mais sur un périmètre différent.

En effet, la CGT et FO ont chacune livré leurs propositions sur le CPF (compte personnel de formation). Nous avons donc consacré une bonne partie de la séance à prendre connaissance de ces 4 textes et échanger sur les différents sujets. Le projet d’accord du Medef servira néanmoins de base de travail à la négociation comme c’est l’usage. Nous avons balayé les quatre volets qui le composent, à savoir le partage des responsabilités entre employeurs et salariés, la sécurisation des parcours par le CPF, le financement et la gouvernance. La suite de la séance a été essentiellement consacrée au CPF.

Comment s’engage la discussion sur le CPF ?

Nous n’en sommes qu’au tout début. Le CPF ne doit pas être un outil de plus, un Dif amélioré. Nous devons le construire. Il doit permettre une qualification qui soit reconnue par l’entreprise. Nous devons approfondir au cours de cette négociation la question de la responsabilité respective de l’employeur et du salarié. D’autre part nous menons en parallèle de la négociation une concertation avec les partenaires sociaux, l’Etat et les régions sur le sujet du CPF et du conseil en évolution professionnelle. Les deux débats doivent s’enrichir mutuellement.

Propos recueillis par mneltchaninoff@cfdt.fr