Formation professionnelle : Discussions serrées pour la reprise de la négociation

Publié le 17/01/2018

Le retour à la table des négociations le 12 janvier devait débuter par une séance de mise en jambes, les sujets abordés étant, de l’avis de tous les partenaires sociaux, plutôt consensuels. Il n’en a rien été.

Pour la première fois depuis le début du cycle des séances hebdomadaires en novembre, le patronat a fourni un texte « martyr » sur l’expression des besoins en formation, la définition de l’action de formation et la politique de certification. « Ces sujets ne constituent pas le cœur de la négociation, déclare Yvan Ricordeau, le chef de file de la délégation CFDT. Mais la réunion n’a pas été facile pour autant ! »

Les partenaires sociaux ont notamment bataillé sur le contenu de la définition d’une action de formation. La CFDT et FO sont arrivées avec des propositions assez proches sur ce qu’est une compétence, les autres organisations syndicales les rejoignant sur le fond. En face, le patronat s’est engagé dans cette discussion à reculons, craignant sans doute ses impacts sur le parcours des salariés et le déroulement de leur carrière. Au terme des échanges, il a été décidé de reprendre la négociation sur ce thème à partir d’un texte commun aux cinq organisations syndicales.

“Pas à la hauteur de nos ambitions”

Deuxième point à l’ordre du jour, la détection des besoins en compétences. « Le patronat joue petit bras, a regretté le responsable CFDT. Il veut reproduire à l’identique ce que les branches sont en capacité de faire aujourd’hui et n’est pas enclin à travailler avec l’État et les régions. Ce n’est pas du tout à la hauteur des ambitions qui sont les nôtres au regard des mutations que subit le monde du travail. » Deux tours de table et une suspension de séance ont été nécessaires afin de décider de réécrire ce chapitre pour la semaine suivante.


Le troisième sujet, la politique de certification, a été repoussé faute de temps. Pas de bon augure eu égard au respect de la date de fin de négociation, fixée à la mi-février. « Il va falloir que le patronat change de braquet ! », a prévenu Yvan Ricordeau.

dprimault@cfdt.fr