Face à un chômage record, il faut agir très rapidement

Publié le 26/04/2013
Avec 36 900 inscrits supplémentaires à Pôle emploi en mars, la France a franchi la barre symbolique des 3,2 millions de chômeurs. Cette hausse ininterrompue depuis deux ans aura donc fini par faire tomber le triste record de janvier 1997.

La « situation est extrêmement préoccupante », juge la CFDT. D’autant que la conjoncture a changé : les 3,195 millions de 1997, c’était la conséquence de la récession de 1993 (nettement moins violente que celle de 2009), suivie par des années de croissance. Aujourd’hui, les perspectives de croissance quasi nulles ne laissent rien augurer de bon pour les mois à venir.

Chômage de longue durée…

Autre grande différence : les chômeurs de longue durée sont nettement plus nombreux qu’en 1997 (1,89 million de personnes sont au chômage depuis plus d’un an), tout comme les jeunes. Le timide démarrage des emplois d’avenir et contrats de génération ainsi que le report au 14 mai du vote définitif de la loi sur la sécurisation de l’emploi repoussent d’autant l’effectivité des outils susceptibles de concourir, sinon à l’inversion de la courbe du chômage, du moins à l’arrêt d’une hausse angoissante. « L’emploi ne peut pas attendre », martelait encore, ces derniers jours, Laurent Berger. « Cet accord [l’Ani du 11 janvier 2013] est un des outils nécessaires pour préserver l’emploi plutôt que de le supprimer. Et plus on va attendre, plus on va laisser les chiffres du chômage augmenter. »

Négociation à l’horizon

« Ce n’est pas le moment, cette année, de revoir à la baisse le dispositif d’indemnisation du chômage », estime la CFDT à quelques mois de la négociation de la convention d’assurance-chômage, à l’occasion de laquelle syndicats et patronat devront redéfinir les règles d’indemnisation. D’ici là, la conférence sociale des 20 et 21 juin prochain doit, selon la CFDT, permettre d’« agir très rapidement sur tous les leviers », notamment « réformer la formation professionnelle » afin de « l’orienter vers ceux qui en ont le plus besoin, à la fois les salariés qui veulent adapter leurs compétences et les demandeurs d’emploi ».

aballe@cfdt.fr

 photo : ©Stephane AAudres/Réa