Dialogue social territorial : La CFDT avance ses pions dans les Hauts-de-France

Publié le 28/03/2017 (mis à jour le 13/10/2017)

La CFDT a participé à la première édition des États régionaux du dialogue social organisée par la région Hauts-de-France. Avec pragmatisme.

« La région nous tend une perche pour la création d’un dialogue social territorial ? On dit banco ! ». Pour Pascal Catto, secrétaire général de l’Union régionale interprofessionnelle CFDT du Nord-Pas-de-Calais, impossible de ne pas répondre à l’invitation du conseil régional des Hauts-de-France qui organisait le 24 mars dernier les premiers États régionaux du dialogue social. Au programme, deux tables rondes. L’une consacrée à la transformation industrielle dans une région qui a subi de plein fouet de nombreuses restructurations, l’autre à la formation professionnelle. « Nous ne voulons surtout pas que cette initiative vienne concurrencer des lieux qui existent déjà comme le Crefop (comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle), insiste Pascal Catto. Mais arrêter d’endosser le rôle du pompier qu’on nous assigne quand les situations sont difficiles et faire valoir notre expérience dans les entreprises, ça nous va bien ».

Présent à la tribune, aux côtés de Jean-Claude Mailly de FO et de représentants de l’ensemble des organisations syndicales à l’exception de la CGT, Laurent Berger a martelé quelques idées chères à la CFDT. « On parle beaucoup dans le débat public, de menaces sur l’emploi. Selon notre analyse, l’emploi ne va pas disparaître mais il va se transformer. » Et pourquoi pas, offrir des opportunités de développement. C’est le cas de la transition énergétique qui peut faire émerger de nouveaux métiers. Encore faut-il que l’ensemble des acteurs se mettent d’accord sur les éléments de diagnostic  des besoins à venir et les projets pour le territoire. « Il faut mettre les salariés au cœur du processus de production, prendre en compte le travail réel et faire de l’organisation du travail un objet du dialogue social ».

Des équipes CFDT sont déjà à l’œuvre dans ce sens. Chez Toyota à Valenciennes, par exemple. Sur l’initiative des élus du personnel, les salariés sont invités à recenser les anomalies constatées sur les lignes d’assemblage, l’idée étant de redonner des capacités d’action et de l’autonomie sur les postes de travail. Mais des expérimentations tout aussi concrètes peuvent être imaginées localement pour les demandeurs d’emploi, insiste le représentant de la CFDT du Nord-Pas-de-Calais. La région a mis en place une aide de 20 euros par mois pour les salariés qui acceptent un emploi situé à plus de 30 kilomètres de leur domicile. 16 000 demandes ont été formulées. « On pourrait se pencher sur ces demandes et regarder comment, à travers le plan de déplacements, répondre plus efficacement à ces besoins en comblant les trous de l’organisation des transports en commun », insiste Pascal Catto. Une approche très pragmatique, qui permet aussi de se prémunir du piège de l’instrumentalisation politique.

dprimault@cfdt.fr