Deux jours de négociation sur la sécurisation de l'emploi

Publié le 19/12/2012 (mis à jour le 20/12/2012)
Les partenaires sociaux sont réunis au siège du Medef pour tenter de trouver un accord sur la négociation sur la sécurisation de l'emploi. Le chef de file de la délégation CFDT a dénoncé le "surplace du patronat".

La probabilité que le marathon engagé ce mercredi par les partenaires sociaux autour de la négociation sur la sécurisation de l'emploi débouche dès jeudi soir sur un accord ne cesse de s'amenuiser. « Franchement, je ne me situe plus dans cette perspective », a indiqué Laurent Berger mercredi matin, lors d'un rendez-vous organisé par l'Ajis (Association des journalistes de l'information sociale). En cause, le « blocage idéologique » du Medef sur la taxation des contrats courts, un point dur pour la CFDT, avec la mise en place de droits rechargeables à l'assurance-chômage sans remise en cause du « un jour travaillé, un jour indemnisé » – un acquis de la CFDT – et la généralisation d'une complémentaire santé pour tous les salariés. Sans ces deux points et « sans taxation des contrats courts, il n'y aura pas de signature de la CFDT », a prévenu le leader cédétiste.

Pas d'accord sur le blocage

En contrepartie, le patronat peut espérer obtenir une partie des éléments de flexibilité qu'il réclame : les accords de maintien dans l'emploi, dûment encadrés ; une mobilité interne négociée dans l'entreprise au lieu de passer par un lourd processus de restructuration ; une simplification des procédures de licenciement collectif par accord majoritaire ; un raccourcissement des délais de saisie des prud'hommes à « deux ou trois ans » – il est actuellement de cinq ans et le Medef souhaite le limiter à douze mois. Quant au souhait du Medef de plafonner les dommages et intérêts versés à un salarié contestant son licenciement, Laurent Berger a évoqué la possibilité d'une médiation : « Ce n'est pas une question taboue mais il est hors de question de la régler par un plafond. » 

Pointant le « surplace du patronat », le secrétaire national Patrick Pierron, chef de file de la délégation CFDT*, a confirmé qu'« une ou deux séances supplémentaires » seraient sans doute nécessaires pour parvenir à faire bouger les lignes et lever le blocage de la délégation patronale. Mais en entrée de séance, le chef de file de la délégation patronale, Patrick Bernasconi, contestait l'existence même d'un quelconque blocage. Autant dire qu'un accord d'ici jeudi soir paraît plus qu'incertain.

Aurélie Seigne

* La délégation confédérale est composée des secrétaires nationaux Patrick Pierron, Véronique Descacq et Marie-Andrée Seguin, de Dominique Gillier, membre du Bureau national, et des secrétaires confédéraux Cécile Cottereau et Didier Cauchois.

Vous pouvez poser vos questions, faire part de vos réactions ou faire des suggestions en écrivant aux négociateurs à l’adresse suivante : negoemploi@cfdt.fr

 
photo : Olivier Clément