Conférence sociale : de la méthode, en attendant les réponses

Publié le 20/06/2013
Lors de son allocution d'ouverture de la conférence sociale, le chef de l'État a de nouveau plaidé pour sa méthode de dialogue social et largement répondu aux revendications de la CFDT en la matière.

« Il n'y a pas de temps à perdre ! » C'est sur ce leitmotiv que le président de la République a ouvert la « grande conférence sociale pour l'emploi » des 20 et 21 juin au Cese (Conseil économique, social et environnemental), à l'issue de sa rencontre avec les partenaires sociaux représentatifs. Au cours de cet échange consacré à l'approfondissement de la démocratie sociale, la CFDT a pu faire entendre ses propositions, largement reprises par François Hollande. Appelant les participants à « avoir foi dans le dialogue social », le chef de l'État a annoncé la nécessité de prolonger la représentativité par une représentation collective des petites entreprises – « une avancée majeure », a commenté Laurent Berger – et une définition de la représentativité patronale qui devra aboutir « dans les prochaines semaines ». Comme le réclamait la CFDT, une discussion tripartite sera engagée sur le financement de la démocratie sociale, permettant de clarifier les moyens des organisations et abordant la question du « parcours professionnel des responsables syndicaux ». Ces deux axes de travail doivent permettre de renforcer le dialogue social, davantage qu'une méthode, « un état d'esprit qui doit profondément changer les habitudes du pays » et tout sauf une perte de temps, a plaidé le président de la République.

Jugeant que la méthode a porté ses fruits au cours de l'année écoulée depuis la première édition des 9 et 10 juillet 2012, il a précisé le cadre des tables rondes des deux demi-journées à venir.

Préparer l'avenir

Réitérant, dans un contexte d'urgence sociale, son engagement à « inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année », François Hollande a appelé à « l'action conjointe de tous » pour booster les dispositifs existants et pourvoir les offres d'emploi vacantes par la formation des demandeurs d'emploi. Le secrétaire général de la CFDT s'est félicité que l'emploi ait été réaffirmé comme « la première priorité de la conférence sociale ». Au-delà, la réforme de la formation professionnelle devra aboutir d'ici la fin de 2013. La table ronde sur les filières d'avenir devra quant à elle « préparer l'avenir » et relancer la croissance tout en poursuivant le « redressement financier ». Refusant d'inscrire la réforme des retraites dans cette seule logique, François Hollande a dit vouloir « envoyer un message de confiance et non pas de peur » en arrêtant trois principes : responsabilité, justice, pilotage à moyen et long terme. « Il y a un manque, a soulevé Laurent Berger à l'issue de cette présentation : la réforme systémique. »

Espoir et mobilisation

Quant à l'Europe, la rencontre du 19 juin avec la secrétaire générale de la CES (Confédération européenne des syndicats), Bernadette Ségol, et les secrétaires généraux des organisations françaises membres semble avoir porté ses fruits. Le chef de l'État a en effet réclamé, outre une mise en œuvre sans attendre du pacte de croissance de 120 millions d'euros décidé l'an dernier et de la garantie jeunes dotée de 6 milliards d'euros, d'engager une « lutte contre le dumping social et la concurrence déloyale » : salaire minimum dans chaque État membre, « application différente » de la directive détachement, harmonisation fiscale en commençant avec l'impôt sur les sociétés... Autant de revendications du contrat social pour l'Europe de la CES.

Laurent Berger, pour qui il importe de « passer d'un discours du subi et de l'effort à un discours d'espoir et de mobilisation », a salué les intentions : « On verra demain si les réponses sont à la hauteur de nos ambitions. »

aseigne@cfdt.fr

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