Assurance-chômage : vers un report de la négociation

Publié le 16/09/2013

« Avoir toutes les billes en main. » L’argument de la CFDT pour reporter à la fin de l’année la négociation de la nouvelle convention assurance-chômage a convaincu les partenaires sociaux.

La négociation qui s’ouvre sur la formation professionnelle, les arbitrages attendus sur le financement de la protection sociale et le débat parlementaire sur les retraites risquent de parasiter les discussions relatives aux règles d’indemnisation des chômeurs, initialement prévues à l’automne. « L’actuelle convention, appliquée depuis 2011, sera prolongée par le biais d’un avenant de trois mois », précise Patricia Ferrand, vice-présidente (CFDT) de l’Unédic.

Des droits qu’il faut maintenir

D’ici là, chacun espère un rebond de la croissance – qui aurait l’avantage de redresser la situation déficitaire de l’Unédic (18,4 milliards d’euros cette année) et de couper court au discours du patronat prônant un retour à la dégressivité des indemnités. Selon les syndicats, il est impensable de dépenser moins alors qu’il y a presque 11 % de chômeurs ! « La question est d’aider au retour à l’emploi », répétait Laurent Berger, ce que doit permettre notamment la mise en œuvre des droits rechargeables dans la nouvelle convention. « On peut dans ce pays aider les chômeurs sans être dans le punitif, comme certains le réclament. » D’autant que moins de la moitié des demandeurs d’emploi (41,3 % selon l’Unédic) est couverte par l’assurance-chômage, pour une allocation moyenne de 1 108 euros bruts par mois. Quant au fameux montant maximal (6 959 euros bruts par mois), qui fait tant polémique, il ne concerne que 0,06 % des chômeurs indemnisés.

aballe@cfdt.fr

Photo : Stéphane Audras / Réa