Assurance-chômage : Peu de temps pour négocier et beaucoup de désaccords

Publié le 07/03/2017

Après avoir officialisé mi-février la relance des discussions sur l’assurance chômage, les partenaires sociaux se retrouvent ce 7 mars au siège du Medef. Premier rendez-vous hebdomadaire d’une série de quatre, ce tour de table va sans doute donner le ton d’une négociation marathon censée aboutir fin mars.

Fin février, le Medef a transmis ses propositions aux organisations syndicales. « Inacceptable en l’état » a répété la chef de file CFDT Véronique Descacq à son arrivée au Medef. « L’avantage c’est que le patronat sait lui-même qu’il est inacceptable Nous allons donc pouvoir vérifier aujourd’hui si il a réellement l’intention d’engager la discussion ».

De fait, le document intègre enfin la question centrale des contrats courts. Mais l’ouverture, promise par le Medef pour ramener les syndicats autour de la table, est minime. Là où ces derniers attendaient un système pénalisant l’utilisation abusive des contrats précaires, que ce soit par le biais de cotisations dégressives (scenario CFDT) ou d’un bonus-malus, le patronat se contente d’évoquer une « incitation sectorielle de modération du recours aux contrats de travail très courts ». En clair, pas question de pénaliser les employeurs, pour qui le recours aux contrats courts répond, « dans le cadre actuel de la règlementation du travail, à des contraintes économiques et opérationnelles fortes ». Une position guère plus engagée que celle qui avait prévalu lors de la négociation inachevée de 2016, et « qui ne serait pas bon de tenter de rejouer » prévient la délégation CFDT.

Projet contre projet

A ce stade, les risques que feraient peser un nouvel échec de cette négociation sur les demandeurs d’emploi comme sur l’avenir du paritarisme n’autorisent aucun temps mort. « Nous n’avons pas le temps, le calendrier ne nous le permet pas », martèle la CFDT qui a présenté en séance un contre-projet rédigé à partir du document patronal. Le préambule a été totalement réécrit, avec une volonté appuyée de rappeler les principales missions de l’assurance chômage, à savoir « renforcer la sécurisation des parcours professionnels, favoriser la reprise d’une activité professionnelle construire des règles [qui] renforcent l’équité entre les allocataires », précise le projet CFDT. Au terme de “permittence” utilisé par le patronat « et qui laisserait à penser que les demandeurs d’emploi se satisfont d’une précarisation de leur situation », la CFDT préfère trouver les moyens de « sécuriser les parcours des demandeurs d’emploi par un accompagnement amélioré ». Sur la question des seniors enfin, elle avance l’idée d’une augmentation progressive de la durée maximale d’indemnisation (un trimestre par an à partir de 52 ans) et d’un « abondement du compte personnel de formation financé par le dernier employeur du demandeur d’emploi ». Ces questions, à laquelle s’ajoute bien sûr celle des contrats courts, devront trouver des réponses d’ici le 28 mars.

aballe@cfdt.fr