Assurance-chômage : la CFDT s’impatiente face à un patronat provocateur

Publié le 13/02/2014

La situation s’est tendue au cours de cette troisième séance de négociation sur l’assurance-chômage, le patronat préconisant des mesures choc qui remettent en cause les droits des chômeurs. La CFDT attend plus que jamais que l’on discute des droits rechargeables.

C’est ce que l’on pourrait appeler un « choc des cultures ». Si aux cours des deux premières rencontres, les discussions s’étaient peu ou prou cantonnées à un état des lieux de l’existant et un chiffrage prospectif de l’Unédic, le patronat est passé à l’offensive. Le texte présenté aux organisations syndicales en début de séance prône la suppression des annexes intérimaires et intermittents et des seuils encadrant l'activité réduite, ainsi qu’une modulation des droits à indemnisation en fonction du taux de chômage. « Une position provocatrice déjà esquissée lors des précédentes séances » juge la chef de file CFDT Véronique Descacq. Position que le patronat durcit aujourd’hui au nom de  « l’équité entre les demandeurs d’emploi » et d’un retour à l’équilibre du régime d’assurance chômage.

Une ligne de fracture

Percutée par les discussions sur le pacte de responsabilité, la négociation laisse aujourd’hui apparaître une ligne de fracture entre organisations syndicales et patronales difficile à résorber. Pour tenter de désamorcer les tensions, certaines organisations syndicales ont bien proposé de se concentrer sur la mise en œuvre des droits rechargeables et de renvoyer à plus tard la discussion sur les autres sujets – y compris le dossier sensible des intermittents imposé par le patronat pour « faire du buzz » et qui « ne fait pas partie de la négociation » rappelle Véronique Descacq. Mais le Medef refuse tout report, « sinon à considérer que les intermittents ne font pas partie de l’assurance chômage ». Outre la suppression pure et simple du régime spécifique aux intermittents, le patronat propose d’aligner le régime de l’annexe IV (intérimaires) sur le régime de droit commun en « supprimant le seuil de 70% au-delà duquel le demandeur d’emploi ne bénéficie plus du régime d’activité réduite » pour « plafonner le cumul d’activité et indemnités chômage à 80% de l’ancienne rémunération nette ».

Les droits rechargeables d’abord !

Aujourd’hui, « nous n’avons pas les éléments qui nous permettent de comprendre la structuration de l’activité réduite », réaffirme la CFDT. La priorité va, dans un contexte contraint par un chômage et une précarisation croissante du marché du travail, « au maintien des droits des chômeurs et à la mise en place de mesures d’incitation réelles et positives au retour à l’emploi ». Mais au terme de cette troisième séance de négociation, les partenaires sociaux ne semblent pas parvenir à sortir de l’étude des chiffrages proposés par l’Unedic sur les différents scénarii de mise en place des droits rechargeables, sans que le Medef ne se décide à rentrer dans le vif du sujet. Si ce n’est pour afficher des positions radicalement différentes. « Pour l'instant il n'y a rien qui se dessine, ou alors c’est de l’art abstrait », résumait un négociateur. Prochaine séance le 27 février.

aballe@cfdt.fr