[Vidéo] Assurance-chômage : La négociation débute mieux que prévu

Publié le 07/03/2017 à 18H14
Après avoir échoué en juin 2016, les discussions sur l'assurance-chômage reprenaient ce mardi 7 mars 2017. Loin des jeux de postures du printemps dernier, l’envie d’aboutir à un accord semble désormais partagée par l’ensemble des négociateurs syndicaux comme patronaux. Dans un climat qu'elle juge plus constructif de la part du patronat, la CFDT a présenté ses propositions.  

Après des mois de blocage, les partenaires sociaux auraient-ils retrouvé la voie du dialogue ? Au terme d’une première journée de négociation, ce 7 mars au siège du Medef, les uns et les autres ont en tout cas enfin pu aborder l’ensemble des sujets et confronter leurs propositions. La phase de diagnostic partagé (au terme de laquelle les partenaires sociaux avaient décidé, mi-février, de relancer officiellement la négociation), y a sans doute contribué. «« Même si le patronat n’a répondu sur aucun sujet de fond, la délégation patronale n’en écarte aucun.  Le ton est totalement différent […] le dialogue plus ouvert », notait Véronique Descacq, cheffe de file de la délégation CFDT. « On a le sentiment qu’il existe des voies de passage, qu’un accord est possible » notait pour sa part la délégation patronale.

Les contrats courts au coeur des discussions

Mais les sujets lourds, qui avaient fait capoter la négociation en juin dernier, restent sur la table. La question des contrats courts notamment, demeure centrale. Malgré une première ouverture du patronat, les syndicats préviennent qu’ils ne se satisferont pas d’une simple « incitation sectorielle de modération du recours aux contrats de travail très courts » telle que rédigée dans le document de travail patronal. Tous veulent un renchérissement des contrats les plus précaires, soit par des cotisations dégressives selon la durée de l'emploi, soit par un bonus-malus pénalisant les employeurs qui en abusent. La question demeure maintenant de savoir si cette majoration se fera à coût du travail constant. « Une grande partie des organisations syndicales a aujourd’hui le sentiment qu’il serait possible de trouver des mesures incitatives pour allonger la durée des contrats sans alourdir le coût du travail », estime Véronique Descacq.

Parmi les autres points abordés figure la question des seniors, pour lesquels le patronat suggère de reculer de 50 à 57 ans le droit de toucher jusqu’à 36 mois d’indemnisation contre 24 mois pour les autres chômeurs. Dans un contre-projet, la CFDT propose une solution intermédiaire – en reculant la borne d’entrée dans la filière sénior à 52 ans moyennant des moyens alloués à la formation financés par l’employeur. Un scenario « cohérent avec le décalage de deux ans de l’âge de départ en retraite, et qui semble aujourd’hui accepté par une partie des organisations syndicales », note la CFDT.  

D’ici le 14 mars, date de la prochaine séance, un gros travail de chiffrage complémentaire attend l’Unedic sur les mesures proposées par les négociateurs. Les organisations syndicales, quant à elles, devraient se retrouver le 13 mars en intersyndicale pour tenter de consolider d’éventuelles positions communes.

aballe@cfdt.fr