"Nous sommes encore loin d’un accord"

Publié le 14/12/2012
A l’issue de la septième séance de négociation sur la sécurisation de l’emploi, le secrétaire national Patrick Pierron, chef de file de la délégation CFDT, espère qu’un accord pourra être trouvé avant la fin de l’année... si le patronat cède sur la lutte contre la précarité.

Comment s’est déroulé cette septième séance de négociation ?

Nous avons eu une vraie séance de travail sur la base du texte que le patronat avait proposé la semaine dernière. La CFDT a fait de nombreuses propositions d’amendements sur les volets du texte qui concernent la lutte contre la précarité, la sécurisation des parcours professionnels des salariés, l’anticipation par une meilleure association des représentants du personnel à la stratégie des entreprises, mais aussi le maintien dans l’emploi notamment à travers l’activité partielle.

Peux-tu détailler plus précisément ces amendements ?

Nous avons en particulier insisté sur la nécessité d’intégrer dans le projet d’accord le principe d’une modulation des cotisations patronales selon la durée des contrats pour éviter le recours abusif aux contrats courts. Nous avons détaillé les fondamentaux de la complémentaire santé que nous appelons de nos vœux. Nous exigeons que le projet d’accord contienne un cadre minimal de recours aux temps partiels subis.

Concernant l’anticipation, nous refusons que les entreprises en deçà de 300 salariés ne disposent pas du document unique contenant toutes les informations utiles aux représentants du personnel. Nous revendiquons par ailleurs un droit à l’accompagnement des équipes par l’expertise, ce qui permettrait de limiter les situations d’urgence. Nous voulons également que les salariés soient représentés dans les organes de décision. 

Comment ces propositions ont-elles été accueillies par le patronat ?

a délégation patronale a indiqué vouloir présenter un texte profondément remanié lors de la prochaine séance, qui se tiendra le 19 décembre et sera immédiatement suivie d’une neuvième séance le 20. Nous continuons d’espérer que celle-ci puisse être conclusive. Mais nous sommes encore loin d’un accord. Si la flexibilité n’est pas un tabou pour nous, nous avons fixé nos conditions en matière de lutte contre la précarité et d’anticipation. Or aujourd’hui, le patronat n’a pas dit un mot sur la taxation des contrats précaires. Cela n’est pas acceptable.

Propos recueillis par Aurélie Seigne