“La CFDT veut une réforme globale de la formation professionnelle”

Publié le 11/10/2013
Les partenaires sociaux se sont rencontrés le 10 octobre lors d’une deuxième séance de négociation sur la formation professionnelle. Interview de Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale responsable du dossier formation professionnelle, chef de file de la délégation CFDT.

Quel sentiment général retiens-tu de cette deuxième séance de négociation ?

Tout d’abord nous avons fait connaissance, la plupart d’entre nous n’avaient pas eu l’occasion de se rencontrer auparavant autour d’une table de négociation. Chacun a exposé ses attentes. Nous avons insisté sur notre volonté de procéder à une réforme ambitieuse, qui permette de réduire les inégalités d’accès à la formation professionnelle, de donner la priorité aux salariés les moins qualifiés, aux jeunes et aux demandeurs d’emploi. Je pense qu’il y a des points de convergence entre les organisations syndicales et patronales, un souhait partagé de simplifier le système de la formation professionnelle et de le rendre plus lisible et efficace. C’est positif.

Quelle sera la place du compte personnel de formation, dans cette négociation ?

Avec l’Ani du 11 janvier 2013, nous avons créé le CPF. Il nous reste à le construire, à définir son fonctionnement et son contenu. Mais nous ne voulons pas nous contenter de la seule discussion sur le CPF, comme certaines organisations syndicales semblent tentées de le faire, puisque la CGT et FO ont annoncées qu’elles viendraient chacune avec un texte sur cet unique point à la prochaine séance de négociation le 23 octobre. La CFDT veut travailler sur la formation professionnelle dans sa globalité, au niveau des dispositifs comme le CPF et le conseil en évolution professionnelle, bien entendu, mais aussi sur le financement et la gouvernance. Le CPF est un outil, rien de plus.

Quel est le programme des prochaines séances ?

Le Medef s’est engagé à rédiger un texte global, que nous allons examiner et qui nous servira de base de travail, comme le veut la règle. Nous pensons que la bonne méthode consiste à partir des besoins du salarié, du demandeur d’emploi, en évitant d’ailleurs de les opposer : un demandeur d’emploi a été salarié et en principe le redeviendra. Il faut partir des situations vécues par les salariés : transitions professionnelles subies ou choisies, en emploi dans une grande entreprise ou une TPE, sans emploi, jeune sans qualification, etc., et déterminer ensuite les besoins en formation puis les dispositifs et les arbitrages financiers.

Propos recueillis par mneltchaninoff@cfdt.fr