[Interview] “Le statut et l’accompagnement de l’apprenti sont en tête de nos priorités”

Publié le 05/12/2017

Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT chargé des dossiers apprentissage et formation professionnelle, précise les positions de la Confédération sur la réforme à venir de l'apprentissage.

L’apprentissage a été réformé plusieurs fois, sans succès. Ce début de concertation marque-t-il une volonté de changement de la part des différents acteurs  ?

Je pense que nous pouvons opérer un changement en profondeur. Il suffit de voir les quatre thèmes de la concertation sur l’apprentissage pour comprendre que tous les sujets seront traités. Les premières réunions de concertation ont permis de constater que tous les acteurs partageaient une volonté commune de développer un apprentissage de qualité, même si aucun objectif chiffré n’a été donné. Tous ont souligné qu’il s’agissait d’une voie de réussite pour l’insertion professionnelle. Les employeurs ne nient pas l’enjeu de la montée en compétences des salariés ; ils sont prêts à développer l’apprentissage si l’offre de formation est adaptée à leurs besoins et susceptible d’évoluer rapidement. La CFDT a rappelé la responsabilité des employeurs d’offrir plus de contrats en apprentissage dans les entreprises.

Comment la CFDT aborde-t-elle cette concertation  ?
De façon constructive ! Nous serons très exigeants sur l’atteinte des objectifs. Nous plaçons le statut de l’apprenti et l’accompagnement en tête de nos priorités. Tout d’abord, il faut améliorer la grille de rémunération des apprentis, qui doit prendre en compte le niveau de diplôme préparé. Ensuite, de nombreux jeunes renoncent à l’apprentissage pour des raisons de mobilité ou de logement. Actuellement, il existe des aides ponctuelles, très variables selon les régions ; nous voulons que ces aides soient développées et deviennent une norme à l’échelle nationale. Nous avons trois mois pour voir ce que la concertation aura produit et ce que le gouvernement en retiendra.

Le système d’orientation ne prend pas assez en compte cette filière

Comment mieux accompagner les jeunes  ?

En menant un travail important tout au long du parcours, en amont, puis pendant la formation et à l’issue de celle-ci. Le système d’orientation ne prend pas assez en compte cette filière, c’est un point à revoir. Nous devons inventer un système de mise en relation entre les jeunes et les entreprises. De bonnes pratiques existent mais il faut les généraliser et rendre beaucoup plus visible l’offre d’apprentissage. Pour diminuer le taux de ruptures, l’accompagnement doit se poursuivre pendant toute la durée du contrat afin de développer la qualité de cette formation. Il faut également anticiper la fin de contrat. Si une embauche n’est pas prévue, le jeune doit être mis en relation le plus tôt possible avec sa mission locale afin de pouvoir rebondir rapidement. 

mneltchaninoff@cfdt.fr