“Garantir la justice de notre système d'assurance-chômage”

Publié le 17/07/2013
Patricia Ferrand, vice-présidente CFDT de l'Unedic, précise les enjeux de la négociation de la future convention d'assurance-chômage qui doit s'ouvrir à l'automne dans un contexte marqué par un nombre très élevé de demandeurs d'emploi.

Une nouvelle convention assurance chômage doit être négociée d’ici fin 2013. Quels sont enjeux pour la CFDT??

La loi délègue aux partenaires sociaux la définition des règles de l'assurance chômage (taux de cotisation salarié/employeur, conditions et calcul du montant de l’allocation…). Or, la crise qui dure et l’endettement du régime d’assurance chômage ne constituent pas un climat serein. Pour la CFDT, la prochaine négociation aura au moins deux grands objectifs?: mettre en œuvre de nouveaux droits rechargeables – comme décidés dans l'accord sécurisation de l'emploi du 11?janvier 2013 – pour que toute nouvelle période travaillée apporte aux chômeurs un plus en termes d'indemnisation. Le second objectif, c'est le maintien du niveau des allocations.

Mais beaucoup craignent une simplification à outrance des règles d’indemnisation…

Notre objectif premier est que les règles de chômage soient compréhensibles par chaque demandeur d’emploi. Il s’agit donc d’améliorer leur lisibilité, comme nous l’avons fait en 2009 avec le principe «?un jour cotisé égal un jour indemnisé?» et de dépoussiérer les textes actuels, mais je veux insister sur deux points. Tout d’abord, rendre les règles plus compréhensibles exige que les conseillers Pôle emploi expliquent encore mieux aux demandeurs d’emploi leurs droits, ils doivent donc être formés pour cela, et nous serons exigeants vis-à-vis de Pôle emploi. Ensuite, la réglementation est très précise?: elle peut parfois apparaître compliquée, mais elle cherche aussi à tenir compte des cas particuliers et d’une précarisation des situations d’emploi. Prendre en compte la diversité des cas, c’est aussi garantir la justice de notre système d’assurance chômage. Une allocation forfaitaire pour tous de 20?€ par jour, c’est simple, mais beaucoup seraient perdants?!

Le gouvernement appelle à « agir contre les complexités qui nuisent à l’insertion sociale et professionnelle ». Comment mieux faire collaborer les services d’accompagnement??

Aujourd'hui, les bénéficiaires du RSA sont orientés vers un accompagnement social ou professionnel selon leurs difficultés. Cette alternative n'est pas pertinente pour la CFDT, car les difficultés peuvent être simultanées?: une personne surendettée, qui connaît des problèmes de logement, doit pouvoir être accompagnée en parallèle dans sa recherche d'emploi. C'est donc aux institutions de trouver l’articulation et non de se renvoyer les personnes comme des «?patates chaudes?». Pôle emploi doit donc travailler plus et mieux en partenariat avec toutes les structures publiques ou associatives sociales locales. Un "accompagnement global?" sera à ce titre expérimenté dans 10 départements à partir de l'automne prochain.

Propos recueillis pas aballe@cfdt.fr