[Dossier Emploi] Service civique, un sas pour mieux rebondir

Publié le 20/10/2020

Face à l’incertitude, de nombreux jeunes choisissent de se tourner vers le service civique, le temps d’y voir un peu plus clair dans leur parcours scolaire ou leur insertion professionnelle.
Une parenthèse dont ils attendent beaucoup, à l’image de Sarah et Candice, qui viennent de commencer leur nouvelle mission.

À tout juste 18 ans, un bac STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) validé en pleine crise de Covid, Sarah Charrier vient de commencer une mission de six mois en service civique auprès de l’association La Cravate solidaire. Ce n’est pas exactement ce qu’elle avait prévu au printemps dernier.

La jeune fille avait alors déposé sur Parcoursup des demandes d’inscription en BTS d’économie sociale et familiale. Mais les réponses tardent, tout est ralenti du fait de la crise sanitaire. « Finalement, j’ai préféré m’engager en service civique à La Cravate solidaire, une association d’aide aux chômeurs que je connaissais, explique Sarah. C’est pile le domaine qui m’intéresse, j’aimerais devenir assistante sociale ! »

L’association propose des séances de coaching à des personnes envoyées par Pôle emploi ou les missions locales et leur fournit des tenues adaptées à la situation d’entretien d’embauche. « J’assure la prise de rendez-vous, j’explique aux candidats le déroulé de la journée et je les reçois, détaille-t-elle. J’ai un vrai rôle et des responsabilités. »

« Les responsables de l’association m’ont dit que je pourrais enchaîner ma mission avec un contrat d’alternance et passer mon BTS. »

La jeune fille, qui vivait chez ses parents à Blaye (Gironde), a loué un studio à Bordeaux pour se rapprocher de son travail. Elle apprécie cette liberté nouvelle, même si l’indemnité de 580 euros ne suffit pas à lui garantir une totale autonomie. Ses parents l’aident, rassurés sur un point : Sarah ne laisse pas tomber ses études. « Les responsables de l’association m’ont dit que je pourrais enchaîner ma mission avec un contrat d’alternance et passer mon BTS. »

À Turin, les cours devaient commencer en octobre…

Pour Candice Chenel, 22 ans, diplômée en juin dernier de l’École nationale des Beaux-Arts de Mulhouse, section design, le service civique a également été la solution de secours de cette rentrée. Passionnée par le design culinaire, la jeune fille avait visé l’an dernier un master de gastronomie en Italie, à Turin, dont les cours devaient commencer en octobre. « Tout a été reporté et je n’ai toujours pas de réponse de l’université. »

En attendant, Candice s’est souvenue d’Isabelle, qui était venue présenter aux étudiants des Beaux-Arts l’activité de son association Épices et la possibilité d’y réaliser une mission de service civique. « Le feeling était bien passé, je l’ai recontactée. »

Comme Sarah et Candice, de nombreux jeunes – 140 000 en 2019 – sont tentés par cette parenthèse entre études et emploi, porteuse de sens et d’utilité sociale.

Épices propose des ateliers de sensibilisation au goût et à l’alimentation dans des écoles et des collèges, une action qui s’inscrit dans une démarche de soutien scolaire. « C’est parfaitement cohérent avec mon master “Créativité, éducation et environnement”, se réjouit la jeune femme. Je suis très contente de commencer par une application pratique du domaine que je vais ensuite étudier de façon plus théorique. »

Comme Sarah et Candice, de nombreux jeunes – 140 000 en 2019 – sont tentés par cette parenthèse entre études et emploi, porteuse de sens et d’utilité sociale.

Le service civique est accessible à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplômes. Les volontaires sont recrutés par des associations ou des collectivités locales pour une mission de six à douze mois dans le domaine de l’humanitaire, de l’environnement, de la santé et de la solidarité, de l’éducation. Les 100 000 places supplémentaires annoncées par le gouvernement dans le cadre du plan jeunesse devraient, en toute logique, répondre à une forte attente en cette rentrée troublée.

mneltachaninoff@cfdt.fr

©Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP