Vingt ans après, la terre a rendez-vous à Rio

Publié le 19/06/2012 à 00H00
La conférence de l'Onu sur le développement durable se tient du 20 au 22 juin à Rio. Les enjeux sont de taille, les obstacles à un accord qui permette de réelles avancées tout autant.

De la prise de conscience à l’action. Vingt ans après le premier Sommet de la Terre de Rio1, le Sommet Rio+20, qui se déroule jusqu’au 22 juin dans la métropole brésilienne, devrait être décisif. « La Conférence mondiale de Rio+20 se tient à un moment charnière où les trois piliers du développement durable – l’économique, le social et l’environnemental – ont besoin de régulations nouvelles qui supposent une gouvernance globale et cohérente », explique Dominique Olivier, délégué confédéral au Développement durable. Autrement dit : l’enjeu est de répondre à l’urgence environnementale en suivant la piste de sortie de crise d’un nouveau modèle de développement, durable, qui associe toutes les parties prenantes.

Deux axes, de nombreux écueils

De ce point de vue, le second axe du Sommet Rio+20, « le cadre institutionnel du développement durable », sera aussi au cœur des débats avec la question de la création, aux côtés de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME), qui regrouperait le Pnue (Programme des Nations unies pour l’environnement) et les quelque 500 conventions existantes. Cette perspective est loin de faire consensus, une majorité d’États rejetant tout ce qui peut s’apparenter à une contrainte.Mais de l’aveu même du président de la République, François Hollande,qui a affiché à la veille du sommet les ambitions de la France, « les conditions de réussite du sommet ne sont aujourd’hui pas réunies ». À commencer par l’absence, parmi les 130 chefs d’État et de gouvernement présents, de Barack Obama, président des États-Unis, du président chinois Hu Jintao, d’Angela Merkel, chancelière allemande, ou de David Cameron, Premier ministre britannique, qui n’ont pas jugé utile de faire le déplacement. Reste également à surmonter les divergences entre pays développés, pays émergents et pays en développement au regard du risque qu’« une économie verte dans le contexte du développement durable et l’éradication de la pauvreté » – thème officiel de la conférence – s’apparente à une forme de « protectionnisme vert » pour les uns, d’entrave au développement pour les autres. Avec, en filigrane, l’épineuse question du financement de la transition vers un nouveau modèle de développement.

Le risque de l’échec

« Rio va être difficile », n’a pas caché François Hollande, pointant « le risque de paroles sans actes, le risque de la division, le risque de l’échec, enfin », à considérer que la crise économique et financière constitue une urgence supérieure à « l’urgence majeure de l’environnement ». Faut-il en conclure, à l’instar de Nicolas Hulot, que « nous sommes passés, en vingt ans, de l’indifférence à l’impuissance et [que] nous sommes désormais dos au mur » ? Ou Rio+20 sera-t-il, selon l’expression de Nicole Bricq, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, « le rendez-vous de la relance de l’espoir dans la longue marche de l’humanité vers la justice » ? Feuille de route concrète ou chapelet de bonnes intentions ? L’accord qui devrait être ficelé d’ici au 19 juin – mais qui était dans sa dernière mouture très en deçà des attentes de la société civile – puis les négociations politiques qui s’ensuivront permettront d’en juger.

(1) Mais quarante ans après la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain (CNUEH), qui s’est tenue en 1972 à Stockholm et intégrait pour la première fois les questions écologiques aux préoccupations internationales.