Un sommet social « sur la crise »... pour quel emploi ?

Publié le 18/01/2012 à 00H00
Alors que le sommet pour l'emploi se tenait le 18 janvier, la CFDT a défendu des mesures concrètes pour l'emploi. En mettant en garde l'exécutif contre une remise en cause du modèle social français.

Ce qui devait être un sommet pour l’emploi est devenu un « sommet sur la crise »?. « Avec la perte du triple A, le sommet social change de nature », cons­tatait François Chérèque, à la veille d’être reçu à l’Élysée. Depuis le mois d’août 2011, la CFDT réclamait un tel rendez-vous pour prendre « des mesures spécifiques en direction des salariés en allant plus loin, et avec plus de réactivité » que lors de la crise de 2008. « Pour la réactivité, c’est raté ! », regrettait le secrétaire général de la CFDT. Entre-temps, l’Europe s’est engluée davantage dans la crise des dettes qui menace de devenir une crise de l’euro ; la France a multiplié les mesures d’austérité, hypothéquant sa croissance au point d’être dégradée par une agence de notation, Standard & Poor’s.

La CFDT réclame des mesu­res d’urgence

Un retard à l’allumage que n’a pas manqué de pointer François Chérèque : « Quand la CFDT a proposé la tenue d’un sommet social, il y a cinq mois, nous étions alertés par nos militants, au plus près des préoccupations des salariés et des réalités des entreprises, que nous étions loin d’une sortie de crise. Des signes se manifestaient que la crise se renforçait, que les CDD et les intérimaires n’étaient plus réembauchés, que les difficultés économiques revenaient au premier plan, aggravées par les difficultés financières des collectivités territoriales et par la perspective d’une rigueur qui allait aggraver le ralentissement de la croissance en freinant son principal moteur, la consommation. » Autant de craintes que les semaines et les mois écoulés ont con­firmées. « Mais, a indiqué François Chérèque, il n’est jamais trop tard pour se mettre autour d’une table en vue de prendre des mesures d’urgence en faveur des salariés en difficulté, et c’est dans cet état d’esprit que la CFDT particip[ait] à ce sommet social. »
La délégation composée du secrétaire général de la CFDT et des secrétaires nationaux Véronique Descacq et Laurent Berger a mis sur la table quatre propositions majeures pour l’emploi : sur le chômage partiel sur les demandeurs d’emploi, « en particulier les plus fragiles », sur les jeunes. La CFDT a rappelé la nécessité de mettre les moyens de Pôle emploi à la hauteur des défis de la période, réclamant 2 000 embauches immédiates pour faire face à la hausse du nombre de demandeurs d’emploi et permettre la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route de l’opérateur public de l’emploi, qui prévoit un suivi sur mesure. Les représentants de la CFDT ont également mis l’exécutif devant ses responsabilités, qui d’une part veut « faire de la formation des chômeurs une priorité absolue » et d’autre part ponctionne le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels), qui y contribue, à hauteur de 300 millions d’euros par an. « Si je sors du sommet avec des mesures sur le chômage partiel, les jeunes, les chômeurs, j’aurai fait mon boulot de syndicaliste en obtenant des résultats concrets », a indiqué François Chérèque.


Aurélie Seigne