Transports : la CFDT se mobilise contre les particules fines

Publié le 12/05/2015

Plus de 7 000 tracts distribués en moins d’une heure par des militants portant des masques : le 12 mai, l’action « coup de poing » de la CFDT Transports et Environnement pour dénoncer la mauvaise qualité de l’air dans les transports souterrains a interpellé les usagers qui transitaient par la gare Magenta à Paris.

Parmi les militants, tous les corps de métiers du transport (ferroviaire, routier, autoroutier, aérien), étaient présents pour rappeler que la qualité de l’air concerne tous les professionnels du secteur, qu’ils travaillent dans des lieux fermés ou non. Atterrissage, démarrage, freinage : le frottement et l’abrasion mécanique, l’usure des matériels roulants, des rails et du ballast, le passage intensif de rames ou de véhicules, sont des phénomènes qui génèrent la remise en suspension dans l’air ambiant de fortes proportions de particules fines.

Peu d’avancées mesurables dans ce domaine

Le risque sanitaire lié au confinement des personnes dans des enceintes souterraines saturées de microparticules n’est plus à démontrer. Asthme, eczéma, migraines… Ces symptômes empoisonnent la vie des salariés qui ont demandé à la CFDT Transports et Environnement d’organiser avec eux cette opération de sensibilisation.


« Nous savons que nous respirons un air hypersaturé huit heures par jour. Mais nous n’avons pas obtenu de réponses à nos demandes : pas de test de souffle prévu dans le suivi médical des agents, aucune étude épidémiologique sur le site, pas d’amélioration dans l’entretien des locaux… », explique Fatem, agent commercial depuis dix ans à la RATP.

« La RATP réalise des mesures en continu, consultables sur leur site Internet. Cet affichage, louable en matière de transparence, ne peut pas agir sur la qualité de l’air tant que des matériels roulants usés ne seront pas remplacés ou le système de ventilation amélioré dans les tunnels et les couloirs », précise Christophe Salmon, secrétaire général de la CFDT-RATP.

Plus exposés et moins protégés

magenta042Ainsi, sur les chiffres publiés par la RATP, on constate aisément des pics de concentration des particules fines aux heures de pointe du matin et du soir. Cette exposition nocive mais difficilement quantifiable pour les usagers, compte tenu de leurs trajets plus ou moins longs dans une journée, s’avère en revanche inacceptable pour les salariés du réseau souterrain.

En effet, davantage exposés, ils sont bien moins protégés que le public par le code du travail1 : celui-ci stipule un seuil limite de concentration de particules fines de 5 000 microgrammes par m3 d’air, ce qui est exactement cent fois supérieur à la valeur limite d’exposition journalière du public, fixée par le code de l’environnement2 (50 microgrammes par m3). Une aberration que la CFDT ne cesse de dénoncer. « Nous avons demandé l’abrogation de cet article qui instaure une différence de traitement complètement infondée, ne serait-ce qu’au regard de considérations d’intérêt général et de prévention en matière de santé publique… », souligne Fabian Tosolini de la CFDT Transports et Environnement. 

La conférence sur le climat en ligne de mire

Fin avril, la Commission européenne a menacé la France de nouvelles poursuites devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) si le gouvernement français n'adopte pas rapidement des mesures efficaces pour lutter contre la pollution atmosphérique dans une dizaine de zones, dont Paris. Dans le contexte actuel et la préparation de la conférence Paris Climat 2015, la CFDT multipliera ses actions pour que le cas des salariés travaillant dans des enceintes souterraines de transport soit intégré aux débats.

cnillus@cfdt.fr

photos © Sébastien Calvet