Transition énergétique, une participation citoyenne requise

Publié le 21/05/2013
Personne ne le conteste, il est grand temps d’amorcer la transition vers des économies décarbonées. Les participants à la journée organisée par Notre Europe-Institut Jacques Delors, le 14 mai, sur le thème « Transitions énergétiques européennes et dialogues citoyens » y ajouteraient bien cette condition : amorcer la transition en donnant aux institutions européennes un rôle de leadership, en vue de construire une réelle « politique européenne intégrée de l’énergie, inscrite en filigrane dans le traité de Lisbonne ».

Les diverses interventions ont montré à quel point cette noble ambition était loin de se concrétiser, freinée par des « patriotismes énergétiques » difficiles à dépasser. Et à l’heure où l’euroscepticisme se renforce (comme l’indiquent les derniers résultats de l’eurobaromètre), c’est également la mobilisation des citoyens européens sur ce thème qu’il est ardu d’obtenir. Pourtant, « l’implication active des citoyens dans le domaine de la politique énergétique est nécessaire. Que les choix énergétiques soient alimentés en amont par tous ceux qui ont un rôle à jouer : ONG, organisations syndicales mais aussi entreprises », affirme Pierre-Jean Coulon, membre du Comité économique et social européen. Pour l’instant, force est de constater que « la mobilisation citoyenne n’est pas au rendez-vous », dit Emmanuel Cau, vice-président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Bruno Rebelle, membre du comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique, a souligné, en ce qui concerne la France, « la difficulté à lancer ce débat dans une société où il a été verrouillé pendant des années », sans évoquer « les blocages d’acteurs qui ont tout intérêt à ce que rien ne bouge. On relève bien les difficultés à construire un consensus ».

Consensus plus large en Allemagne

Plusieurs représentants européens étaient venus apporter leur éclairage sur l’état de la participation citoyenne dans leur pays. En Allemagne, où le consensus semble plus avancé qu’en France (notamment sur la question nucléaire, avec un consensus au Parlement), et une implication différente des citoyens, davantage « investisseurs directs » dans leur propre production d’énergie (éoliennes, par exemple). En Espagne, un projet pilote financé par l’Europe tente de créer un débat citoyen autour de la question du nucléaire. Mais, comme l’a souligné un participant, « en Europe, le débat est extrêmement diversifié, avec des préoccupations infiniment variées, et le souci majeur de sa propre indépendance énergétique. Ensuite, le débat est compliqué, car si tout le monde souhaite la décarbonisation de l’économie, personne n’est d’accord sur le comment et le temps nécessaire ».

Dans ce contexte, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, a rappelé les conditions de l’implication d’ampleur : qu’il y ait une large consultation des citoyens sur les questions énergétiques, tout en veillant à la transparence (pour juger en ayant les informations suffisantes) ; que cette consultation s’effectue préalablement aux choix énergétiques ; enfin, que lesdits choix soient respectés. De toute évidence, il faudra rappeler ces principes dans le cadre du débat national français.

epirat@cfdt.fr