Transition énergétique, des pistes pour les transports

Publié le 05/09/2013
Sujet hautement sensible, la question des transports dans la transition énergétique avait jusqu’à présent été soigneusement laissée de côté ; y compris lors du débat national qui s’est clos en juillet dernier

La transition énergétique dans ce secteur constitue un défi environnemental majeur : les transports représentent un quart de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES), 32 % de la consommation finale d’énergie, 70 % de la consommation de pétrole en France, et 17 % des émissions primaires de particules fines sont liées au transport routier ! Pour autant, rien n’a été réellement entrepris pour une inflexion majeure en faveur d’une plus grande sobriété énergétique. D’où l’importance des pistes d’action ouvertes par l’avis du Conseil économique social et environnemental, présenté en juin dernier, et dont l’un des rapporteurs était Bruno Duchemin, de la CFDT. « Quel intérêt avons-nous à poursuivre un modèle économique où la facture énergétique liée au transport nous coûte chaque année 70 milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit du commerce extérieur de la France ? », indique ce responsable de la Fgaac-CFDT et membre de la section aménagement durable des territoires, où il représente la CFDT. « Tout doit être repensé : les modes de déplacement à privilégier, l’aménagement du territoire, les coûts de transport, qui ne manqueront pas d’être répercutés sur les marchandises, mais aussi les organisations du travail, pour pouvoir par exemple optimiser l’organisation des transports en commun et l’utilisation des matériels. »
Une tâche immense puisqu’elle suppose de revoir un ensemble d’équilibres, comme la part du transport routier par rapport au ferroviaire.

      
      Présentation de l'avis du CESE par Bruno Duchemin 

À travers ses cinq axes majeurs de transformation, le Cese fixe notamment l’objectif de considérer tout nouveau choix d’infrastructure au regard de son utilité eu égard à la réduction des émissions de GES. « La construction d’un TGV ou d’une nouvelle ligne devra être envisagée seulement si elle permet un vrai report modal [passage du routier au ferroviaire, par exemple] entraînant une diminution des GES. Tout devra être entrepris pour faciliter les diverses formes de report modal. »

Vu les nécessaires coordinations que cela suppose, le Cese préconise la création d’une Agence nationale des mobilités, aux déclinaisons régionales, sur le modèle de l’Anru (Agence nationale de rénovation urbaine).

Les moyens de faire évoluer les comportements

Il s’agit également d’inciter les entreprises, citoyens et consommateurs à modifier leurs comportements. Non sous la contrainte (nouvelles taxes…) mais en créant ou facilitant l’accès à des alternatives. « La transition énergétique doit être l’opportunité de faire de la France un champion industriel du transport décarboné », affirme Bruno Duchemin. La France est déjà en pointe pour le tramway, par exemple. Reste à espérer que le gouvernement, dans le projet de loi qu’il présentera à l’automne, saura retenir les grands axes de l’avis du Cese… qu’il a lui-même sollicité.

epirat@cfdt.fr

photo : AFP