Renault - Nissan - Mitsubishi : La CFDT appelle à la raison

Publié le 30/11/2018

« L’alliance n’est pas en danger. Renault comme Nissan et Mitsubishi n’ont aucun intérêt à provoquer une catastrophe industrielle. » Délégué syndical central CFDT de Renault, Franck Daoût appelle les observateurs et les salariés à garder la tête froide. 

Depuis l’arrestation de Carlos Ghosn le 19 novembre par les autorités japonaises, les spéculations de tous ordres vont bon train, au risque de fragiliser les trois constructeurs automobiles. « Les voitures Nissan roulent aujourd’hui avec des pièces détachées Renault et vice versa, explique-t-il. Prétendre que ce Meccano industriel pourrait être remis en question à court ou moyen terme n’est pas sérieux. »

La stratégie industrielle n’est pas remise en question

De Paris à Tokyo, les dirigeants de l’alliance tentent eux aussi de rassurer les marchés. Les conseils d’administration de Nissan et de Mitsubishi ont décidé de démettre de ses fonctions l’emblématique patron, en précisant toutefois qu’il n’était pas question de remettre en question la stratégie industrielle. Le conseil d’administration de Renault a choisi, lui, de temporiser en nommant un tandem formé par Thierry Bolloré et Philippe Lagayette afin d’assurer l’intérim en attendant d’avoir davantage d’informations sur les accusations en cours. « La réaction de Renault a été plutôt bonne à court terme, précise Franck Daoût. Pour nous, l’important, c’est qu’il y ait un pilote à la tête du groupe. »

Tout l’enjeu à présent est de travailler à une solution pérenne. « L’alliance est fondée sur la confiance et le respect mutuels ainsi que sur la transparence entre ses membres, souligne la CFDT. Sans préjuger de la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, la question de la gouvernance de Renault et de l’alliance se pose inévitablement. » Une chose est sûre : l’avenir des trois constructeurs est lié. Reste à tout mettre en œuvre pour éviter qu’un évènement, si imprévisible soit-il, puisse venir fragiliser l’ensemble. « Cet épisode doit être l’occasion de renforcer statutairement l’alliance », insiste la CFDT, qui demande une constitution plus robuste, inscrite dans les statuts des trois entreprises.

jcitron@cfdt.fr