Quels métiers du futur dans les transports ?

Publié le 21/02/2014

Dirigeables, navires et trains, téléphériques urbains, systèmes d’information embarqués… : la CFDT-Transports-Environnement invitait à se projeter dans l’avenir au cours d’une journée consacrée aux transports du futur, qui s’est tenue le 13 février dans les locaux de la Confédération.

Plusieurs projets annoncés l’automne dernier par le gouvernement dans le cadre des plans de reconquête industrielle ont été présentés. Selon la CFDT, l’enjeu consistait aussi à avoir une vision prospective de l’évolution des métiers et des nouvelles dynamiques territoriales à mettre en œuvre.

La nécessité d’une culture de la coopération

Au cours d’une table ronde sur les plans industriels d’avenir et les filières, Patrick Pierron, secrétaire national chargé de la politique du développement durable et des politiques industrielles, a souligné que « la transition énergétique est le point commun entre tous ces projets ». Rappelant que la France s’appuie avant tout sur de grands groupes industriels, Patrick Pierron a mis en avant la nécessité d’impulser une culture de la coopération entre grandes entreprises et PME-TPE. « Il est important de travailler en écosystèmes intersectoriels sur les territoires pour développer la recherche et l’innovation, et créer des emplois, a affirmé le secrétaire national. Si l’on prend l’exemple du navire du futur, les métiers concernés relèvent de nombreuses branches professionnelles. Mais, aujourd’hui, les conventions collectives restent très cloisonnées. Il faut que les branches parviennent à traduire la vision globale donnée par les filières en termes de parcours professionnels, formations, salaires et évolution des classifications. »

Quelles seront les conséquences sur les emplois, d’ici à quinze ans, des engagements environnementaux pris par la région Île-de-France, notamment la diminution des gaz à effet de serre ? Présentée par le cabinet Syndex, l’étude paritaire ECECLI (Emplois et CompétEnces dans le plan Énergie CLImat Île-de-France et le Grand Paris) a permis d’illustrer comment cette coopération peut se mettre en place à l’échelle d’un territoire. Associant acteurs des filières et régionaux, ECECLI est un projet de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) de grande ampleur. Alors que sa population va se densifier, l’Île-de-France a pour objectif d’augmenter les transports collectifs d’usagers et de marchandises. Expert à Syndex, Emmanuel Palliet a donné quelques exemples de nouvelles compétences : « Pour que les véhicules – barges, camions, etc. – ne repartent pas à vide, les conducteurs vont devoir maîtriser les systèmes d’information. Les bornes de recharge électrique vont se développer dans les gares, ce qui va faire évoluer la maintenance des véhicules. »

Le boom des outils de communication

Si le nombre de conducteurs de bus devrait augmenter au sein du Grand Paris, ce projet d’aménagement du territoire va générer peu d’emplois dans les métiers traditionnels du transport. En revanche, de nouveaux besoins dans l’ingénierie et les systèmes de communication commencent déjà à apparaître. Les applications personnalisées permettant de visualiser son déplacement ou de connaître en temps réel les horaires des transports existent déjà sur téléphone mobile et ordinateur.

Directeur stratégie et innovation de Transdev (groupe spécialisé dans le transport multimodal), Nicolas Samsœn confirme : « Les outils digitaux vont entraîner une augmentation des demandes de la part des passagers. C’est un atout pour le déploiement des transports publics et pour l’emploi. » L’étude ECECLI cherche à déterminer quelles seront les passerelles entre les postes traditionnels et ces nouveaux métiers.

Mais le développement des outils d’information ne va-t-il pas de pair avec des risques courus par les salariés face « aux injonctions contradictoires, aux conflits de compréhension de la part des clients, voire de n’être plus que des exécutants qui seront remplacés par le smartphone pour les tâches intelligentes ? », s’interroge André Milan, secrétaire général de la CFDT-Transports-Environnement. Afin de pallier ces risques, « nous allons devoir préparer les salariés à faire face aux passagers surinformés », constate Nicolas Samsœn. « Nous devons aussi construire les passerelles revendicatives, notamment pour que l’évolution des emplois et des compétences se traduisent dans les négociations de branche… De plus, les outils numériques comme le smartphone doivent aussi être un enjeu du dialogue social, sinon nous serons disqualifiés ! Aujourd’hui, seul le panneau d’affichage est prévu par la loi pour informer les salariés ! », a souligné André Milan.

nfigarol@cfdt.fr