Ouverture du procès AZF, le 23 février

Publié le 23/01/2009 à 00H00 (mis à jour le 23/02/2009 à 00H00)
Huit ans après les faits, le procès de la catastrophe AZF s'ouvre enfin. la CFDT s'est portée partie civile dans cette affaire.

Huit ans après les faits, le procès de l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001 (la catastrophe industrielle la plus grave survenue en France), va s’ouvrir le 23 février 2009 devant le tribunal de grande instance de Toulouse. L’explosion qui a provoqué la mort de 30 personnes et en a blessé plus de 2 000 autres (il n’y a pas de chiffre officiel), a aussi détruit des milliers de logements et d’entreprises.

A l’issue d’une instruction qui s’est terminée en 2006, les experts ont conclu à un accident chimique résultant d’un croisement de produits incompatibles. Thèse que certaines associations réfutent, affirmant que les autres pistes éventuelles n’auraient pas été suffisamment étudiées. 229 personnes, dont 210 personnes physiques, se sont constituées partie civile. Elles seront représentées par 46 avocats.

En ce qui concerne les responsabilités de cette tragédie, 57 membres d’associations de victimes de la catastrophe ont cité à comparaître la société Total et son président, estimant qu’en l’absence du groupe pétrolier le procès perd tout son sens. Ils réclament depuis le début de l’instruction que le groupe Total, en la personne physique de son PDG, Thierry Desmaret, soit tenu pour responsable de l’explosion, mais la justice a toujours refusé de mettre en examen le groupe en tant que personne morale. Total conteste la thèse de l’accident chimique, mais le groupe est incapable de fournir une explication sur la cause de l’explosion. Seuls l’ancien directeur de l’usine AZF, Serge Biechlin, et l’usine Grande Paroisse, filiale de Total, respectivement mis en examen en mai 2006 et juin 2002, ont été renvoyés devant le tribunal pour « homicides et blessures involontaires ».

La CFDT s’est portée dès le départ partie civile. « L’ancien délégué syndical CFDT du site va être entendu en tant que témoin ainsi que l’Union régionale et la FCE, explique Marc Blanc, secrétaire fédéral à la FCE, en charge de ce dossier. Pour nos adhérents et pour les familles des salariés qui sont décédés lors de l’explosion, ce procès est très important non seulement parce que nous espérons qu’il fera avancer la recherche de la vérité sur les causes du drame, mais aussi parce que ce sera pour nous l’occasion de défendre nos revendications en matière de santé au travail, de gouvernance, de liens avec les sous-traitants et de risques industriels. »

Elisabteh Kulakowska