Nouvelle opération CFDT sur la qualité de l’air dans les transports parisiens

Publié le 18/09/2019

La CFDT Ile-de-France avec la FGTE-CFDT, France nature environnement, Alternatiba et l’association Respire ont organisé mercredi 18 septembre une distribution de tracts à la gare du nord à Paris pour informer les usagers des transports et les salariés des niveaux de pollution importants concentrés dans les tunnels du métro et du train. Cette action, la troisième du genre, a été très bien accueillie.  

« N’attendez pas votre train ou votre métro en tête de quai, c’est l’endroit le plus pollué. » C’est le conseil de Jean-Baptiste Renard, du CRNS d’Orléans, qui a réalisé une étude dans le métro parisien en relevant des mesures de pollution. Le chercheur était à Paris le 18 septembre pour une conférence de presse en compagnie d’Olivier Blond de l’association Respire, de Michel Riottot de France nature environnement et de Jean-François Néquier de la FGTE CFDT pour attirer l’attention des Franciliens sur la qualité dégradée de l’air qu’ils respirent dans les tunnels du métro et du train.

Juste avant cette conférence de presse, une quarantaine de militants, dont de nombreux CFDT des transports mais aussi de l’interprofessionnel Ile-de-France, avaient distribué près de 15 000 tracts aux usagers de la RATP et de la SNCF à la gare du nord à Paris à l’occasion de la journée pour la qualité de l’air. Et c’est bien sur cette question que le groupe entendait alerter les usagers. « Dans le métro, la pollution aux particules fines est jusqu’à 10 fois supérieure à ce qu’elle est à l’extérieur », constate Patrick Rossi de la FGTE CFDT. « Il y a une forme d’hypocrisie de la part des pouvoirs publics à inciter la population à utiliser les transports collectifs pour éviter la pollution et à ne pas les informer sur les niveaux de pollution dans ces transports », ajoute Okan Benel du syndicat SP-RATP CFDT.

« Mais attention, précise Olivier Blond, nous ne sommes pas du tout contre les transports en commun mais contre l’omerta des pouvoirs publics sur ce sujet. » Des solutions existent : la ionisation des particules fines, le nettoyage de l’air dans l’eau, l’aspiration des émetteurs de particules comme les freins, l’aération par surpression filtrage, etc. « Cela représente un investissement important d’environ 100 milliards par an soit près de 1 500 € par personne dans toute la France », estime Michel Riottot de France nature environnement.

Tous les salariés des tunnels concernés

« Les salariés du métro mais aussi tous ceux qui travaillent dans les tunnels, centres commerciaux, sécurité, propretés, policiers sont impactés par ces pollutions, observe Fabian Tosolini, secrétaire régional de l’Uri CFDT Ile-de-France, nous sommes d’ailleurs allés à la rencontre de ces derniers. Ils sont particulièrement intéressés. Ils nous ont dit que personne ne leur parle de ça. Certains qui veulent intervenir auprès de leur direction sur ce problème ont pris contact avec nous. »

Concernant les salariés de la RATP, la CFDT demande depuis longtemps le remplacement des trains-travaux à moteur diesel par des moteurs électriques ainsi que le remplacement des groupes électrogènes par l’installation de prises électriques. « Nous avons aussi proposé à la direction de la RATP d’équiper tous les salariés d’un dosimètre mesurant en permanence leur exposition aux pollutions, explique Okan Benel, ces travailleurs sont exposés près de 8 heures par jour et certains pendant les 40 ans de leur carrière. Est-ce que ça ne devrait pas rentrer dans les critères de pénibilité ? L’idéal serait que les autorités imposent à tous les employeurs d’équiper de ces dosimètres leurs salariés travaillant dans ces conditions. Pour l’instant, nous n’avons pas été entendus. » En attendant, on peut signer la pétition en allant sur   https://www.change.org/p/pollution-dans-le-m%C3%A9tro-nous-avons-le-droit-de-savoir

dblain@cfdt.fr

(Photo DR)