Les acteurs en transition énergétique lancent un appel

Publié le 28/01/2014

« Le projet de loi de programmation sur la transition énergétique doit se faire dans la transparence. » Mettant en avant la vigilance de la société civile, Patrick Pierron, secrétaire national responsable de la politique de développement durable, soulignait l’une des principales raisons qui ont conduit le collectif des acteurs en transition énergétique (ATE) à lancer un appel lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 27 janvier au siège de la CFDT.

    
Le collectif ATE

Réunissant des associations, des collectivités territoriales, des entreprises et des organisations syndicales, ainsi que des élus politiques et des personnalités*, ATE s’est constitué au cours du débat sur la transition énergétique l’année dernière. A la veille des 15èmes Assises de l’Energie à
Dunkerque, ce collectif a rédigé un appel pour réaffirmer ses exigences de méthodes et de contenus concernant le projet de loi de programmation sur la transition énergétique qui devrait être déposé d’ici la fin du premier semestre 2014.


*ARF, CFDT, CLER, Energy Cities, FNE, FNH, Fondation Abbé Pierre, Humanité et Biodiversité, Green Cross France et Territoires, Les Petits Débrouillards, OREE (Entreprises, territoires et environnement), RAC (Réseau Action Climat), Réseau Français des Etudiants pour le Développement durable, Syndicat des Energies Renouvelables, Unsa, WWF, 4D, Denis Baupin (député), Michel Bourgain (maire), Jacques Bucki (maire), Ronan Dantec (sénateur), Bruno Rebelle (ancien membre du comité de pilotage du débat sur la transition énergétique)

   

Quel scénario faut-il privilégier pour réduire de moitié la consommation énergétique de la France à l’horizon 2050 ? Comme une piqûre de rappel au gouvernement sur ses engagements, l’appel d’ATE exprime la nécessité de coconstruire le projet de loi pour que chaque citoyen se reconnaisse dans cette transition qui touche les modes de vie, de production et de consommation. Le collectif a notamment obtenu la mise en place d’une commission spéciale réunissant des membres du Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE) pour donner son avis sur le futur texte de loi. Il est important que ce processus de concertation devienne rapidement effectif, ont réclamé les membres d’ATE au cours de la conférence de presse. 

« La transition énergétique, ce n’est pas simplement un truc d’écologiste. C’est bien une opportunité de créer de l’emploi, de relancer un dynamisme économique et de dégager du pouvoir d’achat pour les citoyens », a rappelé le député EELV Denis Baupin. « La rénovation thermique des bâtiments, la mutation des transports, le développement des énergies renouvelables : ce sont autant d’activités non délocalisables qui permettent d’apporter une réponse à la crise économique », complétait Pierre Radanne, président de l’association 4D (Dossiers et débats pour le développement durable), rappelant que l’importation d’énergie contribuait largement au déficit commercial de la France. 

Une conférence bancaire au printemps

Or « jamais le secteur bancaire n’a été aussi réticent à prendre des risques », a poursuivi Pierre Radanne. Les acteurs en transition énergétique ont donc demandé l’organisation d’une conférence bancaire et financière. Le président de la République a annoncé qu’elle aurait lieu à la fin du printemps. « Mais il ne faudrait pas qu’elle prenne la forme d’un colloque sans aboutir à une conclusion, a mis en garde le président de 4D. Cette conférence doit être le résultat d’un processus préparatoire entre les différents acteurs bancaires publics et privés, pour pouvoir lancer un plan opérationnel ». Le collectif ATE insiste sur l’urgence des moyens à mettre en œuvre en vue de lutter contre la précarité énergétique de nombreux foyers. Alors que les dispositifs actuels ne sont pas adaptés, parce qu’ils exigent une rentabilité de court terme, de nouveaux mécanismes de financement doivent être explorés, qui mettent en valeur la rentabilité de moyen à long terme des équipements énergétiques. Il s’agit d’encourager les banques privées à investir et permettre la mobilisation de l’épargne privée, l’objectif étant de rassembler de 20 à 30 milliards d’euros de capitaux supplémentaires par rapport au financement actuel. 

Créer un effet de levier pour véritablement enclencher la transition énergétique, c’était bien le maître mot qui a réuni les nombreux acteurs présents à cette conférence de presse. Une transition qui ne s’arrête pas au calendrier du débat ou de la future loi.

nfigarol@cfdt.fr