Le Grenelle 1 enfin adopté

Publié le 24/07/2009 à 00H00 (mis à jour le 29/07/2009 à 11H20)
L'adoption définitive de la loi issue du Grenelle de l'environnement ouvre la voie à une sortie de crise par le développement durable. Une avancée saluée par la CFDT qui veille à la cohérence sociale du processus.

Vingt mois après le Grenelle de l’environnement, le projet de loi de programmation relatif à sa mise en œuvre, dit Grenelle 1, a été définitivement adopté par le Parlement. La CFDT a salué en cette loi, « qui reprend l’essentiel de la concertation à cinq d’octobre 2007, une bonne nouvelle ». La traduction législative de la table ronde doit désormais se poursuivre avec la loi d’application, dite Grenelle 2 dont Jean-Pierre Bompard, délégué CFDT à l’environnement, à l’énergie et au développement durable, a espéré qu’elle « ne prendra pas trop de retard ». L’examen du texte est prévu à l’automne au Sénat, avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.

  Instrument de sortie de crise

« Cette nouvelle loi est un instrument indispensable pour sortir d’une crise profonde de notre modèle de développement », estime Jean-Pierre Bompard, pour qui il y a urgence à agir, alors que le réchauffement climatique dépasse les prévisions les plus sombres. Au-delà des frontières hexagonales, cela suppose une Europe offensive dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et la réussite de la conférence de Copenhague, qui doit fixer de nouveaux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, plus ambitieux, dès 2013. Pour la CFDT, il importe en outre de prendre « des mesures qui n’aggravent pas les inégalités sociales et qui mettent en place des transitions professionnelles justes, avec les formations adaptées ».

En première ligne dans cette évolution, le secteur du bâtiment, où les mesures réglementaires comme l’éco-prêt à taux zéro, conjugué à la mobilisation des professionnels, doivent permettre de rénover les « passoires thermiques ». Le secteur des transports va également être profondément transformé, ce qui suppose, prévient Jean-Pierre Bompard, de « négocier des mesures sociales ». Pour la CFDT, l’impact des mesures du Grenelle de l’environnement, sur l’emploi comme sur la biodiversité, suppose « des acteurs prêts à s’engager sur un nouveau contrat social autour du développement durable », à travers l’engagement des entreprises en faveur d’une responsabilité sociale rénovée, mais aussi « d’ONG environnementalistes représentatives qui dépassent la posture de dénonciateurs ».

Lutte pour l’intérêt général

Et Jean-Pierre Bompard de conclure : « Le vote de la loi Grenelle 1 est, dans son affichage, une vraie rupture. Mais face au poids des intérêts particuliers, il faudra se battre pour l’intérêt général, entreprise par entreprise, service par service. » Une grille d’action dont ni le futur grand emprunt national, ni la contribution climat-énergie, en cours de discussion, ne pourront faire l’économie.