La CFDT maintient ses exigences sur le stockage des déchets radioactifs

Publié le 13/05/2014

La CFDT approuve les évolutions du projet de stockage profond Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) à Bure. Elle demande des clarifications et reste exigeante sur sa gouvernance.

À la suite du débat public qui s’est déroulé l’année dernière, l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a annoncé le 6 mai que le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) sur la commune de Bure (Meuse) serait précédé d’une phase de tests en grandeur nature durant cinq à dix ans. Alors qu’initialement l’exploitation du site était prévue pour un siècle, cette nouvelle approche répond à l’une des principales exigences de la CFDT. « La CFDT exige une première phase pilote sur une quinzaine d’années afin de permettre une évaluation transparente et sérieuse, avant d’envisager la poursuite du stockage », rappelle Patrick Pierron, secrétaire national responsable de la politique du développement durable, des politiques industrielles et de la recherche.

La nécessaire réversibilité du projet

Depuis que l’État a lancé en 1994 ce projet destiné aux déchets français les plus radioactifs, la CFDT a toujours mis en avant la sécurisation du stockage. Pour la Confédération, les salariés qui travaillent sur le site doivent pouvoir le faire dans de bonnes conditions de santé et de sécurité, et les populations voisines ne doivent pas être exposées à des nuisances ou à des pollutions. La prudence et le respect des conditions de réversibilité sont par conséquent absolument nécessaires. La phase industrielle pilote constitue donc une première étape permettant de disposer d’un retour d’expérience et d’offrir une possibilité effective de choix pour la génération suivante. Selon les annonces de l’Andra, ces tests seront d’abord menés avec de faux colis – non radioactifs – sur l’ensemble des équipements, puis avec de vrais colis en petit nombre, correspondant aux diverses catégories de déchets. Ils devraient permettre d’évaluer si les colis sont récupérables pendant une centaine d’années et garantir ainsi la réversibilité du projet.

Le débat public doit être pris en compte

Le débat public ayant eu lieu dans des conditions difficiles, la CFDT a souligné à quel point la gouvernance de ce projet atypique devait reposer sur une concertation active avec les riverains et les salariés. Si elle exprime sa satisfaction au sujet des évolutions de Cigéo, elle demande à présent une clarification des conditions du lancement du projet.

La Commission nationale du débat public (CNDP) avait pointé un calendrier trop tendu et mis en avant la nécessité d’un développement progressif du projet. Le 6 mai, l’Andra a annoncé qu’elle remettrait en 2015 un plan directeur à l’État. Après discussion de ce plan, l’Andra déposerait une demande d’autorisation de stockage en 2017, ce qui implique l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Pour la CFDT-Métallurgie, qui représente les salariés principalement concernés, « une disposition législative devra être définie pour acter le développement progressif et réversible du stockage géologique profond ». Il est essentiel qu’elle tienne compte du débat public. « Un processus d’autorisations d’exploitations successives, basé sur des évaluations de sûreté conduites par des experts et autorités indépendants, est indispensable et doit être inscrit dans la loi », précise la FGMM.

Enfin, la CFDT estime qu’un tel chantier doit être exemplaire, et tout particulièrement dans les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Le sous-sol de la commune de Bure étant situé dans la Meuse et la Haute-Marne, les deux Unions régionales interprofessionnelles CFDT Lorraine et Champagne-Ardenne se sont aussi exprimées. Elles ont insisté sur la responsabilité sociale et sociétale des entreprises qui vont mettre en œuvre ce projet : « Cette responsabilité doit notamment s’affirmer par une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dynamique, et par la qualité des relations entre les intervenants de tous statuts. »

nfigarol@cfdt.fr

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