La CFDT au Sommet des Peuples de Rio+20, à la rencontre de la société civile

Publié le 18/06/2012 à 00H00 (mis à jour le 19/06/2012 à 15H37)
Au Sommet des Peuples, sorte de Forum Social Mondial des questions environnementales, la CFDT a organisé un débat avec d'autres associations françaises et internationales.

Une partie de la délégation CFDT s’est rendue ce 18 juin au Sommet des Peuples. Organisé par des associations brésiliennes, il est composé d’une myriade de tentes, plantées devant la plage de Flamengo. Si le cadre est sympathique, les conditions de rencontre sont rendues difficiles par le bruit ambiant en raison de la présence de groupes de musique, de prières amérindiennes et de nombreux survols d’hélicoptères de sécurité.

La forme de l’atelier auquel ont assisté une quarantaine de personnes a été délibérément adaptée à la configuration des lieux : il s’agissait d’un débat collectif informel organisé en cercle de parole. Emmanuel Mermet de la CFDT a débattu du concept d’économie verte, très critiqué par l’association africaine de sensibilisation au développement durable ENDA ainsi que par le Collectif belge Rio+20 à laquelle participe le syndicat belge CSC. Les pays du Sud craignent par exemple que l’économie verte soit un nouvel eldorado pour les multinationales du Nord. Ainsi ils s’inquiètent de voir arriver des technologies énergétiques étrangères comme l’éolien ou le solaire alors que la biomasse ou les agrocarburants peuvent être produits localement. A terme, il faudrait parler d’une 'transition vers une économie plus responsable par rapport au social et à l’environnement' a souligné Syndex.

Le débat a permis aussi de discuter de Responsabilité sociale, tant au niveau des Etats que des entreprises, avec le CCFD et le cabinet Syndex. L’enjeu est de parler de réciprocité entre Etats (la pollution d’un Etat peut avoir une incidence à l’autre bout de la Terre) et en ce qui concerne les entreprises de redéfinir l’objet même de l’entreprise, a rappelé Olivier Berducou de la CFDT, qui ne doit pas être que de rétribuer l’actionnaire mais aussi de prendre en compte toutes les parties prenantes, y compris les salariés.

Enfin, nous avons aussi échangé sur les avancées du Sommet officiel avec l'association 4D qui organise le collectif français Rio+20 : l’occasion de faire le point et de comprendre que le texte présenté par le Brésil qui prend dorénavant la main dans les négociations est déjà en deçà des attentes des associations. Sur les aides aux Etats du Sud, les pays du Nord invoquent la crise financière pour ne pas mettre d’argent sur la table alors que des financements innovants pourraient être mis en place (taxe sur les billets d’avion ou sur les transactions financières à l’instar de ce que la France a tenté). La place de la société civile reste réduite à portion congrue dans le texte proposé par le Brésil tandis qu’un groupe de réflexion serait proposé sur l’architecture des organisations internationales, repoussant d’autant le projet défendu par la France et l’Union européenne de création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Mais tout n’est pas écrit à cette date, alors que le Centre de conférences officiels va se bunkeriser dans les jours qui suivent avec l’arrivée des chefs d’Etats et de gouvernements.

La délégation a aussi visité la tente de la CUT, syndicat brésilien avec lequel la CFDT entrtient une coopération depuis longtemps, ce qui a été l'occasion d'un échange de drapeaux.

Emmanuel Mermet