ISR, un appel à investir responsable

Publié le 09/07/2013
Une noble assemblée de… « zinzins » : les investisseurs institutionnels, caisses de retraite, mutuelles, instituts de prévoyance, dont les administrateurs CFDT étaient invités à la Confédération le 2 juillet afin de se familiariser avec les enjeux de l’investissement socialement responsable.

De fait, les investisseurs institutionnels disposent d’une véritable force de frappe qui peut être mise au service d’une économie plus vertueuse, en plaçant l’argent qui leur est confié dans des entreprises notées en fonction de critères ESG (environnementaux, sociaux, de gouvernance). C’est tout le sens de l’ISR, dont les promoteurs – l’AFG (Association française de la gestion financière) et le Fir (Forum pour l’investissement responsable) – viennent de s’accorder sur une définition commune : « L’ISR est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et entités publiques qui contribuent au développement durable, quel que soit leur secteur d’activité. En influençant la gouvernance et le comportement des acteurs, l’ISR favorise une économie responsable. »

Certains « zinzins » sont d’ores et déjà acquis à la cause de l’ISR, comme l’ERAFP (Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique), dont 100 % des fonds sont placés dans des produits ISR ; la Préfon (Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique) s’est fixé l’objectif d’atteindre 100 millions d’euros en ISR ; l’Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques) prend le même chemin. Mais tous ne sont pas encore convertis, tant s’en faut. « L’ISR n’est plus un choix marginal, argumente Florence Bihour-Frezal, responsable commerciale de l’agence de notation extrafinancière Vigeo. Il représente 149 milliards d’euros en 2012, soit une hausse de 29 % par rapport l’année précédente. » Possible motif de réticence : le doute sur la performance des produits ISR, qui est une idée reçue et démentie par toutes les études comparatives.

Le rapport Brovelli-Drago-Molinié sur le renforcement de la RSE des entreprises, commandé à l’issue de la première conférence sociale de 2012 et remis en juin, consacre quatre de ses vingt propositions à assurer la promotion de l’ISR auprès des institutionnels, des professionnels de l’assurance-vie et du crédit bancaire, mais aussi des particuliers, qui ne sont que 6 % à connaître les produits ISR.

mneltchaninoff@cfdt.fr

photo : Pascal Sittler / Réa

Obligation de transparence
Depuis 2012, les sociétés de gestion ont l’obligation, instaurée par le Grenelle 2, de publier sur leur site internet la prise en compte de critères ESG environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans leur gestion financière. Cette obligation de transparence pourrait être étendue aux investisseurs institutionnels.