Conférence environnementale 2013, de trop timides annonces

Publié le 23/09/2013

Un an après sa 1ère édition, le bilan de la 2èmeconférence environnementale est mitigé et les annonces timides, certainement pas à la hauteur des enjeux. Une déception pour la CFDT, qui rappelait récemment la nécessité d’engager des moyens plus conséquents pour réaliser la transition énergétique, et insistait sur la nécessité d’instaurer une fiscalité écologique qui transforme vraiment les comportements des consommateurs et des entreprises.

L’espoir. Puis la déception. C’est en résumé ce qu’auront vécu l’essentiel des participants lors des deux jours de la Conférence environnementale, qui s’est tenue les 20 et 21 septembre à Paris. Tout avait donc bien commencé, et le discours d’ouverture du président de la République, en fixant un objectif très ambitieux de réduction de moitié de notre consommation énergétique à l’horizon 2050 et en émaillant son propos de quelques annonces prometteuses (grand plan de rénovation thermique des logements, baisse de la TVA à 5% pour les travaux de rénovation, esquisse d’une contribution climat énergie), prêtait plutôt à l’optimisme. « C’est un discours qui emmène loin. Il donne un cap ambitieux. C’est positif », soulignait Laurent Berger, tout en nuançant : « mais il nous faut des confirmations». Or, l’allocution conclusive du Premier ministre, censée apporter des éléments de mise en œuvre, n’aura suscité que perplexité et déception.

     
 Interview de Dominique Olivier, secrétaire confédéral
chargé du développement durable
     

Interrogations

Les premières interrogations ont porté sur la contribution climat énergie (CCE, ex-taxe carbone, retoquée par le Conseil constitutionnel en 2009), que le gouvernement compte inscrire dans la prochaine loi de finances. Son principe : « verdir » des taxes existantes sur les consommations d’énergie, en prenant en compte dans leur mode de calcul le niveau d’émission de CO2 que dégage leur utilisation. La mesure, qui va concerner l’essence, le gazole, le charbon, la houille, le gaz naturel ainsi que le fioul lourd et domestique, devrait rapporter 2,5 milliards d’euros en 2015 et 4 milliards en 2016 (par un mécanisme de redistribution encore inconnu, le gouvernement a promis que le dispositif serait neutre pour 2014).

"Il serait inacceptable que seuls les ménages se retrouvent à payer la contribution !"
Laurent Berger

Si la CFDT est favorable au principe d’une CCE, la présentation de ce dispositif a fait bondir la délégation cédétiste : « on nous dit d’emblée que les professionnels du transport et de la pêche, gros contributeurs d’émissions de CO2, seront exonérés. Et que les industriels soumis aux quotas de CO2, garderont leur système. Il serait inacceptable que seuls les ménages se retrouvent à payer la contribution ! », s’est inquiété Laurent Berger, qui souhaite « attendre la feuille de route », c'est-à-dire le document adressé à chaque ministère pour la mise en musique du dispositif. Même perplexité face à l’annonce de « mettre le parc nucléaire à contribution » (idée de mobiliser les revenus de la rente nucléaire : plus les centrales vieillissent, plus leurs investissements sont rentabilisés), et dont pas la moindre bribe du mode d’emploi n’a été donné.

Renvoi à plus tard

     Conference environnementale 2013 OliClem
     La délégation CFDT perplexe

Certains participants ne cachaient pas non plus leur déception, face au peu de mesures « remontées » des travaux des tables rondes reprises par le Premier ministre. « Au regard de la richesse des propositions des ateliers, c’est un peu mince », notait un responsable associatif.

Pour le reste, même si des crédits additionnels pour la création de l’Agence de la biodiversité ont été annoncés, tout comme la tenue au printemps prochain d’une grande conférence bancaire et financière (demande CFDT) ou d’Etats généraux de l’économie circulaire, on peut regretter qu’aucune mesure forte dans le domaine des transports (seule une mention elliptique sur le développement de la voiture électrique a été prononcée) n’ait été annoncée. Quant à de nombreux autres sujets (emplois de la transition énergétique, économie circulaire, pêche…), il a surtout été question de réaffirmer des principes ou de renvoyer à des discussions ultérieures. Telle la question, centrale, de l’évolution du mix énergétique et du développement des énergies renouvelables, renvoyée à la loi sur la transition énergétique, promise pour 2013 puis reportée en 2014…

epirat@cfdt.fr