Conclusions de Rio+20: l'analyse de la CFDT

Publié le 02/07/2012 à 00H00
La CFDT conclut sa participation à Rio+20 par une analyse des conclusions du Sommet. L'adoption des Objectifs du Développement Durable dans la déclaration finale ainsi que du travail décent sont des outils à mobiliser à l'avenir.

La CFDT, présente pendant quinze jours à Rio, souhaite revenir sur les conclusions du Sommet Rio+20. 

La CFDT a indiqué dans un communiqué de presse que « le texte final est très en retrait par rapport aux attentes de la société civile. Globalement, la CFDT estime que les questions majeures des interdépendances et des responsabilités universelles ne reçoivent pas de réponses appropriées.». La CSI souligne dans son communiqué ainsi qu’il n’y aura « pas de protection sociale sans protection de l’environnement ».

Les organisations syndicales ont pourtant obtenu des avancées dans la déclaration adoptée à Rio permettant de recommander la mise en place du travail décent, de socles de protection sociale et la future définition d’Objectifs du Développement Durable, permettant d’inclure la lutte contre la pauvreté (Objectifs du Millénaire) dans la stratégie développement durable internationale. Sans la mobilisation de la Confédération syndicale internationale et la présence de nombreuses organisations nationales, dont la CFDT, une telle avancée n’aurait pu être obtenue. Elle est à relier à l’adoption de la recommandation 202 à l’Organisation internationale du travail sur les socles nationaux de protection sociale quelques semaines plus tôt à la Conférence internationale du travail à Genève où la CFDT a également été présente.

Enfin, d’un point de vue géopolitique, Rio+20 a confirmé le recul de l’UE sur la scène internationale, au profit des pays émergents. Alors que l’Union européenne portait les ambitions les plus fortes pour le développement durable, elle n’a pas su peser dans les discussions pour convaincre les pays en développement de la suivre. Pourtant, le Président de la Commission européenne et plusieurs Commissaires avaient fait le déplacement. Dès lors, l’échec final devenait inéluctable. Entre les Etats-Unis et le Canada d’une part, et les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) d’autre part, qui ne souhaitaient en aucune manière un accord international juridiquement contraignant, il ne pouvait ressortir qu’un texte sans avancées politiques majeures, dont les premières victimes sont les pays en voie de développement.

 

Néanmoins, la déclaration finale comporte des avancées importantes pour le syndicalisme : reconnaissance de la nécessité de développer le travail décent et les socles de protection sociale, reconnaissance de la place de la société civile dans les processus onusiens, mise en œuvre d’Objectifs du Développement Durable d’ici 2015. Pour les acteurs de la société civile, au-delà de la déception légitime, le combat pour garantir un développement durable aux générations futures est plus que jamais d’actualité. Une réflexion doit s’engager sans tarder sur les modalités d’action permettant de faire aboutir ces quelques avancées.

Dominique Olivier et Emmanuel Mermet