“Ce débat doit permettre à tous les citoyens de partager un projet de société”

Publié le 21/03/2013
Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT responsable de la politique du développement durable et des politiques industrielles, explique le rôle que compte tenir la CFDT lors du débat national sur la transition énergétique.

Pourquoi est-il important de participer au débat national sur la transition énergétique, qui se tiendra jusqu’au mois de juillet, avant le vote d’une loi cet automne ?

Depuis 2000, la CFDT demandait qu’un tel débat soit organisé pour que les citoyens soient partie prenante dans la décision qui aboutira à dessiner la France de demain. Pour la CFDT, l’objectif d’un tel débat est de donner un cap aux nouvelles générations en traçant le schéma d’une industrie compétitive, regardant vers l’avenir, inscrite dans le développement durable et la réduction des inégalités. Il est impératif que ce débat ne soit pas technique et réservé à des experts. Il s’agit bien d’effectuer des choix de vie et d’investissements dans des infrastructures. Ce projet de société doit être partagé par tous, y compris les enfants. Membre du « Parlement du débat » qui réunit des représentants de toute la société, la CFDT a d’ailleurs insisté pour que l’Education nationale soit associée et participe à la sensibilisation des plus jeunes.

La CFDT privilégie-t-elle un chemin pour atteindre ce cap ?

Les ressources naturelles n’étant pas inépuisables, on ne pourra pas agir sur la production énergétique sans se préoccuper d’abord de l’efficacité énergétique, et par conséquent des économies d’énergies, aussi bien pour les entreprises que les citoyens. Cela ne signifie pas vivre moins bien, avec moins de confort. Le développement de la recherche et l’innovation est indispensable pour permettre à tous de consommer moins et mieux, avec une qualité de vie identique voire améliorée. Diminuer la facture énergétique des foyers en difficulté est indispensable. Nous estimons que des financements innovants doivent permettre de soutenir le chantier de la rénovation thermique, mais aussi le développement de la filière des énergies renouvelables. Il est également important de ne plus dépendre d’une seule technologie comme le nucléaire et de mettre en place un bouquet de sources d’énergie, pour que le coût soit acceptable par tous et que l’empreinte écologique soit la plus faible possible.

Quelles peuvent être les conséquences sur les emplois ?

Produire et consommer autrement peut générer de nouveaux emplois et faire évoluer les métiers existants. Le recyclage des déchets, les nouveaux process pour consommer moins d’énergie, les nouvelles certifications et normes, le diagnostic et le conseil énergétiques vont entraîner la création de nouveaux métiers. Il est indispensable que chaque entreprise ait une stratégie de transition en termes de recrutement, formation, qualifications et compétences, mais aussi organisation du travail.

Propos recueillis par nfigarol@cgfdt.fr