Des algorithmes pour faciliter la mobilité

Publié le 01/07/2019

Des collectivités expérimentent des solutions afin d’améliorer l’efficacité des transports collectifs et de répondre aux attentes de leurs administrés. Petit détour du côté d’Orléans et de Mulhouse.

Les habitants de sept petites communes à proximité d’Orléans (Loiret) bénéficient depuis peu d’un réseau de transport à la demande en navettes qui vivotait depuis une vingtaine d’années et qui a été entièrement repensé sur le modèle de la technologie Uber. Il suffit d’entrer sur l’application mobile résa’Est (ou sur le site internet) son point de départ et d’arrivée et – magie de l’algorithme ! – la navette la plus proche arrive dans un délai de dix minutes. L’outil est capable d’intégrer une autre demande en chemin et d’ajuster son itinéraire, tout en respectant l’heure d’arrivée à quelques minutes près.

« Cette navette permet de rejoindre une station du réseau de transport classique ou un point de rendez-vous comme le centre médical ou la maison de retraite. C’est un système très souple que les habitants se sont approprié, se félicite Bruno Malinverno, vice-président délégué aux transports de la métropole d’Orléans. Nous avons même des utilisateurs réguliers, par exemple des scolaires dont le domicile est éloigné des lignes régulières. S’ils n’avaient pas cette possibilité, ils devraient être accompagnés en voiture. »

Un compte mobilité

REA algoAmener en douceur les automobilistes à tester d’autres modes de déplacement est le même impératif qui a guidé la démarche de Denis Rambaud, vice-président chargé des mobilités de l’agglomération de Mulhouse (Haut-Rhin). Pour sortir du tout-voiture, la Ville a expérimenté en 2017, avant de le généraliser, un compte mobilité destiné aux usagers, développé avec une filiale de Transdev. Il suffit de s’abonner sur son smartphone grâce à une application afin d’accéder à toute l’offre des transports de l’agglomération : bus, trams, autos et vélos en libre-service ainsi que les parkings.

« C’est pratique et simple d’utilisation, on peut sauter dans un tram à la dernière minute sans se soucier d’acheter un ticket, approuve Alexandra, utilisatrice. Avec mon abonnement, j’ai pu tester le vélo et l’autopartage sans avoir à déposer de chèque de caution. » L’usager paie en fin de mois sa facture globale. En fonction du profil de la personne et de l’évolution de sa consommation, le tarif le plus avantageux est appliqué.

Avant d’aboutir à cette offre, il a fallu convaincre en amont les différents opérateurs de transport, publics ou privés, de collaborer et les amener à partager leurs informations collectées auprès des clients et usagers. « Ce sont ces données qui permettent d’optimiser le service en continu », explique Denis Rambaud, soulignant qu’elles sont aujourd’hui la propriété de la collectivité. Ce système devrait s’enrichir dans les années à venir. « Aujourd’hui, deux parkings sont dans la boucle, mais nous en espérons davantage et peut-être les taxis nous rejoindront-ils », précise-t-il. La gestion numérique de la mobilité urbaine est une idée qui essaime : connue sous le vocable de « Mobility as a Service » en Europe du Nord, elle connaît un franc succès à Helsinki, en Finlande, et commence à se développer dans d’autres grandes villes européennes.

mneltchaninoff@cfdt.fr

©DR — Berti Hanna/RÉA