Industrie automobile : Un plan de relance et beaucoup de doutes

Publié le 04/06/2020

Un plan de relance à 8 milliards d’euros. Le gouvernement a mis les moyens pour porter secours à la filière automobile, rudement impactée par la crise du Covid.

En avril, cette industrie stratégique, qui pèse 18 % du chiffre d’affaires de l’industrie française et emploie 400 000 salariés en France, aura subi une chute des ventes de 89 %. Stockés pendant le confinement, 700 000 véhicules attendent sur des parkings. Présenté le 26 mai par le président de la République, le plan de relance se devait donc d’être ambitieux. Avec deux grands objectifs. Le premier axe consiste à encourager une relance immédiate de la demande en faveur de véhicules propres, par le biais de bonus écologique pour l’achat d’une voiture électrique ou hybride ou avec l’accélération du plan de soutien d’installation de bornes de recharge. En la matière, la France enregistre un gros retard sur ses voisins. « Ces mesures sont positives mais ne permettent pas de prévoir le comportement des consommateurs », réagit Jean-Marie Robert, secrétaire national de la CFDT-Métallurgie. Seront-ils prêts à acheter un nouveau véhicule ? Dans la période, rien n’est moins sûr…

Zone de turbulences

Le second axe du plan vise l’investissement à plus long terme de la filière pour « devenir dans les dix prochaines années une des premières industries productrices et consommatrices de véhicules propres dans le monde ». L’ambition est louable, et le plan prévoit d’y consacrer 1,5 milliard d’euros afin d’accompagner la montée en gamme et soutenir l’innovation, mais « reste bien théorique. On en est encore au stade de la déclaration d’intention, mais quand on veut entrer dans le concret, on voit qu’il reste beaucoup de chemin », note Jean-Marie Robert. En témoigne la fabrication de batteries, le monopole toujours quasi exclusif de l’Asie, même si le projet européen est sur les rails. À l’heure où Renault annonce un plan d’économies de 2 milliards d’euros, la filière automobile risque de rester durablement dans une zone de turbulences.

epirat@cfdt.fr