Covid-19 : Vers une reprise de l’école sur fond d’incertitudes

Publié le 07/05/2020

Drôle de rentrée en plein mois de mai... En publiant dimanche 3 mai le protocole sanitaire de réouverture des établissements scolaires, le ministère de l’Éducation nationale a précisé les conditions du retour des élèves, sur la base du volontariat pour les parents.

Deux documents de plus de cinquante pages chacun listent les mesures à mettre en œuvre : nettoyage des locaux, réaménagement des classes limitées à 16 personnes devant disposer de 4 m2 chacune, marquage au sol, organisation de l’emploi du temps, consignes de port de masque et de gestes barrières... Il ne reste plus que quelques jours aux personnels pour préparer l’accueil des élèves de maternelle et d’élémentaire, prévu à partir du mardi 12 sur tout le territoire. Un timing trop serré selon le Sgen-CFDT, qui revendique une semaine pleine de pré-prérentrée au lieu de la seule journée du 11 mai. Le Sgen a signé le 4 mai un communiqué dans ce sens avec deux autres organisations syndicales, le SNUipp-FSU et SE-Unsa. « Ce protocole est à la fois nécessaire et contraignant, il s’agit d’un défi logistique, professionnel et humain considérable qui exige du temps », juge Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen, une analyse partagée par la fédération de l’enseignement privé, Fep-CFDT et par Interco, fédération des personnels des collectivités territoriales. « Dans les établissements, les équipes sont à fond sur le déconfinement, explique Claire Le Calonnec, secrétaire générale d’Interco, mais tout dépendra de la volonté du maire et de la qualité du dialogue social et professionnel. » Le Sgen s’interroge également sur la pertinence d’ouvrir les écoles en zone rouge, alors que collèges et lycées restent fermés. « Nous avons, lors de notre dernière audition, demandé solennellement au ministre de l’Éducation nationale de réexaminer sa décision de ne pas tenir compte du classement des départements en zone rouge », indique Catherine Nave-Bekhti.

Côté collectivités locales, les élus sont nombreux à exprimer leurs doutes. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, 329 maires d’Île-de-France (dont la maire de Paris) jugent le calendrier « intenable et irréaliste » et demandent le report de la réouverture des écoles de la région. Report ou pas, la question de la capacité à maintenir sur la durée un bon niveau de sécurité sanitaire se pose à tous. À défaut, le Sgen appelle les équipes à « enclencher une procédure d’alerte qui pourra conduire à exercer leur droit de retrait à l’échelle de l’école », afin de ne pas mettre en danger la santé des élèves et des personnels.

mneltchaninoff@cfdt.fr